Un matin câlin…

Aujourd’hui j’ai encore vu le Mal, j’ai encore vu le démon, j’ai encore senti son souffle sur ma face. Face à moi, ses dents putrides et onctueuses me narguaient de tout leur sombre éclat jaunâtre. Les yeux plissés me scrutant dans une vaine tentative de compréhension-appréhension malsaine, cherchaient encore la faille dans la petitesse de la « chose ». Ce matin, j’ai lu sur cette blême face l’intensité de l’Orgueil et de la Vanité, de la Froideur et de la Haine, ce matin j’ai senti l’effroi du Vide. Ondes défroquées d’un Moine anti-dieu, vibrations élucubrées d’un Silence abyssal et avers. Hurlant vers Dieu la pitié à moi refusée et par moi réfutée, je crains le crin qui fouette mon sang tari à la source d’un manque chaleureux. Ce matin encore je tremblais devant lui qui jamais ne cesse de titiller les sens éreintés et fatigués par le Néant de l’Être. Ce matin encore, j’étais devant mon miroir…

Spartakus Freemann

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