Sans titre…

Putain de douleur de merde… On a beau discuter, théoriser, cérébraliser, le corps est là & l’esprit avec… Saloperie d’esprit, ah le bel outil de torture que voilà… Aurait-on pu rêver mieux pour questionner l’homme ? Non, chaque jour il revient à la charge & il repart lorsqu’on veut le saisir à bras le corps pour l’étouffer. Qu’il crève ! Mmm, pas si sûr…

Je parle, je parle, et j’écris la douleur de l’existence, de mon existence mais de toutes les existences aussi. La vie est souffrance, de son origine glaireuse & sanglante jusqu’à son terme néantesque & inéluctable. Entre les deux, qu’existe-t-il ? De la joie, de la souffrance, des larmes, des rires, de la jouissance & de la peine. On voudrait un paradis terrestre, on voudrait faire cesser la souffrance, alors on se perd dans des jeux ineptes sans cesse différents et pourtant tellement semblables, on se noye dans les corps, les idées, les jeux, on se regarde chaque matin en essayant de se convaincre que tout cela est un rêve et que la vie est belle, mâtinée qu’elle est de douleur. En fait, Bouddha avait bien raison de dire qu’il faudrait le tuer si on le rencontrait. Je me tue ici et maintenant car je ne veux pas être sauvé. Je peux faire cesser la souffrance de l’esprit et du corps, je sais comment faire. Je vois le chemin lumineux & attirant, et tout mon être y aspire, ô lumière-phare du papillon-moi ! Je sais intimement que je pourrais être heureux en cessant de me complaire en une souffrance qui fait rire l’extérieur, l’autre, le frère humain… Ce serait renoncer au plus cadeau de cette incarnation, ce serait refuser le karma & ce serait rater l’opportunité d’encore souffler sur les braises afin de réaliser mon Grand Oeuvre. Alors, lorsque je poursuis cet esprit, cette souffrance qui en naît, je m’arrête au bord du chemin, laisse pisser mec, assieds-toi au bord de la rivière, regarde les cadavres de l’existence passer, regarde cette souffrance qui joue avec toi comme le chat avec la souri, vicieux chat que voilà, il ne m’achève pas, heureusement ! Je vis, je sens tout, merci mon dieu, merci mon âme de m’avoir crée comme je suis, avec toute ma stupide prétention à encore vouloir avancer sur le chemin de la vie, de la mort et de ce qui va avec.

Alors, les enfants, je prends mes doigts, ma queue, mon cerveau, j’allume l’ordinateur – outil divin de mon expression sans cesse redondante – je mets la musique & je tape comme une folle outragée par le viol de son vagin sacré ! Je jouis des mots, de la saveur de me savoir encore souffrant et malade,dans l’attente de ce grand soir jamais réalisé. Coulent les mots, coulent mon âme avec ! Je crève d’envie d’écrire jusqu’à la fin, d’encore écrire jusqu’au fonds de ma tombe. Ah le beau cadeau que voilà, ma souffrance est lancée sur le binaire support de mon ego de merde. Et l’Oeil était dans la Tombe et regardait Caïn. Je suis Caïn, je suis ce vagabond de la souffrance humaine. Et au Portail de Moi, l’Oeil VOUS regarde…

Et cependant, jamais je n’atteindrai l’inaccessible Etoile ! Jamais et avec chance car une Etoile atteinte est une Etoile morte… Je brûle comme le chante si bien Brel, je me consumme, non en une inutile transe de la Quête, mais de savoir que ce que l’on atteint, ce que l’on possède, nous tue. Alors, loin de moi, bonheur stérilisant, loin de moi visages amis, que je sois le satan de vos vie, que je sois donc celui que l’on hait, Bouc Emissaire, noir comme vos âmes perdues & sans prix, ô lumière, oui, plus de lumière pour encore voir le véritable visage de l’Homme. Je l’ai vu aussi ce nouvel homme, et j’ai eu peur. Il est petit, mesquin, égotique, courbé sous le poids de ses propres chaînes, et le sauver est impossible car dans 4 milliards d’années le monde prend fin. D’ailleurs il prend fin à chaque souffle de nos êtres, mais le voyons-nous…

Et souffrance, je T’aime, jamais je ne voudrai me séparer de Toi, ne plus sentir ton haleine infecte sur mon cou à chacun de mes pas sur cette terre de peine. Je marche dans la vallée des ombres de la mort, et mon dieu est mon berger, tu es mon dieu, mon berger, à toi mes pensées et mes prières ! O Souffrance !

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Spartakus Freemann

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