Hey Spart, du fond de ton abîme, tu me dessines une Oeuvre au Noir ?

Le grand trip des occulteux c’est la grandiose & illustrissime Oeuvre au Noir. Voilà de quoi faire bander le coven & raconter un tas de conneries dignes du plus mauvais livre de gare. Car enfin, pour être un véritable mage, un réel occultiste hermétisant ancien & accepté il faut l’avoir faite cette noire oeuvre imaginale & fantasmagorique, au risque de sembler bien fade auprès de la jeunesse padawanesque (cfr padawan de la guerre des étrons). Ainsi voit-on de grands mages terriblement ténébreux se draper d’une aura d’Achile au pays des rêves en pérorant sur leur oeuvre au noir, sur leur descente dans les enfers de la psyché & de l’âme.

Il est marrant de noter que dans tous ces cas d’ébénique travail, la personne a tout perdu, elle a souffert comme jamais personne avant lui, elle a souvent failli sombrer dans le silence sépulcral d’un HLM zombique… Enfin bref, cette pauvre petite créature, durant son odyssée fielleuse, en a pris pour son grade ! Et quoi, Paris valant bien une messe, le statut de grand mage vaut bien la misère, non ?

Mais quand en auront-ils fini avec ces saloperies ? Comme si le fait de souffrir intérieurement, de toucher à la misère, à la déconsidération, comme si le fait de perdre un statut social, une position, son fric & toutes ces choses putrides qui vont avec suffisaient à démontrer la réalité d’une oeuvre au noir… Comme si en parler ouvertement, décrire les affres par lesquels on est passé, exposer ses blessures comme d’autres pètent au repas de Noël, était la preuve de l’accomplissement de ce que les anciens appelaient la Descente aux Enfers. D’ailleurs, il est à noter que ceux-ci furent toujours bien pudiques à décrire ce cheminement infernal & prometteur d’une remontée vers la lumière aussi salvatrice que purificatrice. Serait-ce un signe qu’aucun ancien n’y parvint ? Non, car on en retrouve la trace dans de nombreux classiques de la littérature antique, mais aucun, jamais ne s’est vanté d’avoir traversé le miroir & d’avoir combattu avec le Cerbère, gardien du seuil & Choronzon de mes deux.

Notre époque, époque d’inflation, voit cependant le nombre des oeuvristes au noir grandir de jour en jour, au point que cela devient maintenant très mal placé d’avouer ne point l’avoir vécu soi-même. Est-ce à dire que le Nouvel Eon serait plus propice à ce type de travail, ou encore que l’homme est aujourd’hui plus apte à réaliser ce qui semblait impossible, parce qu’effrayant, à nos ancêtres ? Nay man ! C’est simplement que notre époque permet un pullulement de nouilles à la cervelle grillée par la lecture des aventures de Rampa aux Amériques. Personne n’ose ou ne veut remettre ces pauvres fous à leurs places, car il faut bien avouer qu’ils nous font bien rire en fin de compte.

On va bien sûr me demander, et toi Spart, t’en parles pas de cette putain d’oeuvre au noir ? SI of course, ô foule hallucinée ! Et, puisqu’il faut bien se défendre allons-y de notre propre couplet. Et profitons-en également pour remonter les bretelles aux sots.

Si l’on compare ma situation personnelle aujourd’hui avec celle de janvier 2003, il est certain que j’ai perdu quasi tout ce qui faisait alors mon bonheur : famille, amis, argent, maison, biens, … tout est perdu et bien perdu. N’ai-je pas failli crever ? N’ai-je pas souffert des tourments infernaux durant de longs mois ? Si, si et re-si ! Mais est-ce une oeuvre au noir, au sens à elle donné par les occulteux, ou est-ce une simple crise existentielle ? Et ici, je fais une petite parenthèse salutaire, car il est toujours avantageux de baffer les cons.

Dans le microcosme de l’éso, il est courant de voir des guerres égotistes qui tournent parfois en exécrations, malédictions, et autres fadaises grotesques. Et il est revenu à mes oreilles que l’on se vantait d’avoir causé mes malheurs afin de se venger, de me donner une leçon, de s’amuser (biffer les mentions inutiles). D’autres se vantent de m’avoir renvoyé mon karma en pleine poire & d’avoir réalisé ce que les anciens pouvaient nommer le juge intérieur. D’autres enfin se vantent mais ils ne savent pas de quoi. Bref, damned je suis fait, un sorcier m’a eu, il est le plus fort… Et moi de me pisser dessus devant tant de superbe connerie érigée en vantardise outrageuse.

Selon la rumeur, « on » m’a fait perdre ma famille, « on » m’a fait plonger dans une dépression qui m’a mené en HP, « on » m’a baisé. Et bien messieurs les jeteurs de sorts, vous l’avez ad fundum. Et sans tomber dans ce délire psychotique du « ils ont fait ma volonté » – je ne suis pas aussi stupide – il faut bien avouer que s’ils ont oeuvré à ma perte ils n’ont jamais fait qu’aller dans le sens que je voulais. Les causes de ma pseudo-perte remontant en fait à mes 4 ans, causé par un viol subi dont les envoûteurs ne peuvent, malgré leur superbe, se targuer d’être responsables. Ce micro événement a resurgit dans ma vie à une époque vide de tout maléficieur en herbe. C’est la vie, ce n’est pas de la magie ; la souffrance, la torture provenaient d’un être abject pourrisseur de vie mais mort depuis quelques années déjà. La descente fut longue… Et puis on réalise qu’en ouvrant la porte à Eros, Tanathos ne tarde pas à suivre. Le bonheur construit était tueur & me rongeait les tripes & le sang. Mes enfants, ma femme, mes amis, tout cela devenait trop dur à supporter & par un subtil changement de l’âme, on se réveille un jour différent de ce que l’on était la veille. On voit les choses de manière neuve & terrible.

Alors, et bien j’ai décidé de vivre selon les principes de cette vie nouvelle. Mais, c’est oublier qu’un changement ne se fait pas sans heurts & qu’il y a toujours un prix à payer. Et ce prix je l’ai payé & je le paye avec le sourire & les larmes, avec le foutre & le rire. J’ai accepté le prix de manière consciente & totalement lucide. A nouveau, il ne pouvait y avoir que des pertes collatérales à ma frappe chirurgicale portée sur l’édifice de ma vie. J’ai perdu mes enfants dans le tourbillon. Mais perdu n’est pas le terme exact car ils sont en mon Coeur pour les Eons des Eons, amen ! Et le reste, les biens matériels, le statut social, cela importe vraiment très peu… Le seul responsable est moi, le seul responsable des souffrances de mes enfants c’est moi, et je sais en supporter les conséquences. Quant à mon passage en HP, et bien disons que cela était tout à fait ce qu’il me fallait pour enfin briser les chaînes d’un passé non-désiré. Eros m’a bien aidé, Lilith aussi & Thanathos attendra encore bien un peu le loyer que je lui dois en retard. Mais est-ce une oeuvre au noir ?

Oui, je me suis perdu dans des cabarets & ai dépensé des sommes folles en compagnies de sectatrices de capotes, oui, j’ai bu en dehors de toute raison, oui j’ai sniffé de la coco & fumé presque tout ce qui peut l’être, oui, j’ai bien fait tout cela et bien plus encore. Ai-je des remords ? Ai-je des regrets ? Non. A la porte de ma conscience est accroché l’écriteau « Absent » et c’est bien ainsi. Et tous ces rigolos qui se gaussent en me citant dans leurs messes sataniques, ces fripons qui font impression par leur grande gueule, ces poltrons qui pensent me manipuler par leur verbe vicié, ces bidouilleurs qui hackèrent avec mon assentiment implicite mes boites mails & se sont servis des information pour me nuire (pensaient-ils ?), qu’ils aillent donc tous se prendre en une frénétique & sodomique danse des schtroumphs ! Ils n’auront jamais compris qu’en bon joueur d’échecs, j’avais toujours deux ou trois coups d’avance sur eux… Leurs pouvoirs se mesurant aux résultats, on comprendra combien peu on puisse les craindre, ces clowns coprophages de leurs propres déjections.

Puis-je alors récupérer ces événements afin d’en faire la « Merveilleuse histoire de Spart au pays de l’oeuvre au noir » ? Que nenni, ce serait me mentir & mentir aux autres. Ce que j’ai vécu, des millions l’ont vécu, cela s’appelle le cours de la vie, le long fleuve tumultueux de l’existence. Je pourrais tout aussi bien invoquer la mue du Grand Serpent, mais je doute intimement qu’elle soit autre chose que la mue de moi-même. J’ai profité du moindre instant, y voyant sans cesse, même dans la ténèbre la plus profonde, la lumière de la vie. Je n’ai pas de regret & regarde avec gratitude de ne point être resté sur la berge au lieu de traverser les grandes eaux.

L’on comprendra donc facilement, à présent, que le premier qui me demandera si je considère toute cette affaire comme une oeuvre au noir – causée extérieurement ou intérieurement – je lui mets un coup de boule ! C’est si simple de mythifier sa vie alors que tout est si simple… L’intime pulsion de mort était présente & reste présente & sera encore présente longtemps en moi. Personne ne saurait enclencher ce qui est déjà mon mode de vie. J’aime le sauvage en moi, le primitif torturé, le souffrant éternel, et si j’ai, peut-être, réduit quelques-unes de mes contradictions, suis-je devenu pour la cause un « sage », un « spirituellement évolué » ? Non, et j’ose espérer ne jamais l’être. Quelle horreur cela doit être. J’aime ce que je suis, j’aime qui je suis & n’ai nul besoin d’une oeuvre au noir pour me comprendre & avancer dans la futilité de l’existence.

Et mettre les aléas de la vie sur le compte d’une Oeuvre, quelle putasserie est-ce encore là ! Mon dieu, que n’inventera-t-on pas pour se justifier et trouver une raison de vivre & de souffrir ? La vie est faite d’étapes & de remises en question, de remuements, de pertes, de chocs qui ont leurs utilités si l’on sait y regarder de plus près. Nul besoin d’invoquer un secret ou un processus initiatique pour la cause. La Vie est Magie, mais l’ont-ils compris ? Et craindre la colère des dieux & des démons c’est se craindre soi-même, et ce n’est pas vraiment mon cas, & lorsque je serai devant le grand chef pour le jugement final, je plaiderai la folie.

Pour conclure, je ne veux nier l’existence de l’oeuvre au noir, et il ne faut donc pas voir ici une tentative de le faire. J’ai simplement mis noir sur blanc ce que j’en pense. Et puisque oeuvre au noir il y a, le silence seul peut en rendre compte. Point !

Spart

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Spartakus Freemann

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