Tuyone…

S’il suffit d’une goutte d’eau pour la troubler, une digitale touche m’effondre. Nymphette ombrageuse posée en divine litière, je suis la face de l’Ancien qui vibre d’émois effrayants dans les bras d’une Émeraude liquide et fragile. Un rien la trouble cependant, attention, le moindre geste subtil en cacophonie se meurt s’il n’est aimanté d’un rayon de mon âme.

Loin élancé dans la valse extatique de mains derviches douceâtres et farouches, je me laisse aller à ouvrir la Porte d’une ténèbre vieille comme ma vie. Je laisse le temps s’écouler, s’écouter, s’égoutter, espoir qu’il puisse s’arrêter en sa course folle vers la fuite.

Ma bouche voudrait couler de mots doux et enamourés, ma bouche se voudrait, elle aussi, pleine de ce mystère indicible qui fait trembler les rois eux-mêmes sur leurs trônes. Mais en muette adoration je m’abandonne dans des bras jusqu’alors inconnus, mais ô combien merveilleux. Tremblements d’âme, tremblement d’être, tout crie à m’éclater le coeur enclos d’une langueur trop pesante. Vers Toi alors je voudrais crier un bonheur qui m’est offert dans un silence absolu des corps et des mots.

De tes veines caressées monte cette complainte de Toi et qui me réconforte tant et tant que j’en pleure des larmes intérieures :

Je suis celle qui existe dans toutes les peurs. Je suis celle qui est faible et je suis à l'aise dans les lieux de plaisirs. Je suis folle et je suis sage. Pourquoi m'avez-vous haïe en vos conseils ?

(Le Tonnerre.)

Cette complainte tambourine en ma peau, vibre alors jusqu’aux tréfonds de mon être et c’est alors un Souffle qui m’emporte vers un Jardin de Délices où je meurs ivre de Tuyone.

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Spartakus Freemann

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