« Rébellion et pas Révolution »

« L’homme n’en est pas encore au point où il peut se passer des gouvernements. Des anarchistes comme Kropotkine étaient contre le gouvernement, la loi ; il voulait les dissoudre. Moi aussi je suis un anarchiste, mais de manière totalement opposée à celle de Kropotkine.

Je veux élever la conscience des êtres humains à un tel niveau que le gouvernement en devienne une chose futile, où les tribunaux soient vides, où personne ne soit tué, violé, torturé ou surmené. Vous voyez la différence ? Kropotine fait porter l’accent sur la dissolution des gouvernements. Le mien est d’élever la conscience des êtres humains afin que le gouvernement devienne inutile ; que les tribunaux ferment ; que la police commence à disparaître, car elle n’a plus de travail et que l’on dise aux juges « allez vous trouver un nouveau job ! » Je suis un anarchiste d’une toute autre dimension. Que les gens soient préparés d’abord, ensuite les gouvernements disparaîtront d’eux-mêmes. Je ne suis pas en faveur de la destruction des gouvernements ; ils remplissent un certain besoin. L’homme est tellement barbare, tellement laid, que s’il n’était pas restreint par la force, toute la société s’écroulerait.

Je ne suis pas pour le chaos. Je désire que la société humaine devienne un ensemble harmonieux, une vaste commune recouvrant le monde entier : des gens en méditation, des gens sans culpabilité, des gens sereins, du silence ; des gens joyeux, dansant, chantant ; des gens n’ayant aucun désir d’entrer en compétition avec les autres ; des gens qui ont abandonné l’idée même qu’ils sont spéciaux et doivent le prouver en devenant président des États-Unis ; des gens qui ne souffrent plus d’un complexe d’infériorité pour qu’enfin personne ne désire être supérieur aux autres, que personne ne se vante de sa grandeur.

Le gouvernement s’évaporera comme la rosée du matin sous l’effet des premiers rayons de soleil. Mais cela est une toute autre histoire, une approche toute différente. Jusque-là nous avons besoin des gouvernements. »

Osho, 2004, pages 84-85.

Ceci est une citation d’Osho (1931-1991) tirée d’un livre intitulé Liberté : le courage d’être vous-mêmes. À ma connaissance, Osho n’a jamais rien écrit mais ses discours ont été publiés dans de nombreux livres. J’ai voulu citer ce passage pour deux raisons. La première c’est qu’Osho se nomme lui-même « anarchiste spirituel » en disant : « Je ne suis contre rien ni personne. Je ne veux pas que vous soyez libérés de quelque chose, je désire simplement que vous soyez libres. Vous voyez la différence ? La « liberté de » n’est jamais totale ; ce « de » l’emprisonne dans le passé. La « liberté de » ne peut jamais être une véritable liberté. » La seconde raison, c’est que sa vision de la liberté est très similaire à la mienne bien que les mots soient différents ; bien sûr le phrasé ne compte pas, ce qui importe c’est le phénomène en lui-même.

Osho a parlé de la différence entre la rébellion et la révolution. La rébellion selon lui est un acte spirituel, le processus d’accomplissement d’une liberté « intérieure ». La révolution, a contrario, porte sur l’acquisition de la liberté de quelque chose et, en ce sens, elle ne s’occupe que de liberté « extérieure ». Par essence, désirer la révolution dans le monde extérieur ce n’est rien d’autre que couper les mauvaises herbes qui repoussent toujours plus fortes ; tandis que la rébellion c’est arracher les racines de ces mauvaises herbes. C’est ce qui explique pourquoi la Révolution Communiste n’a jamais réussi à accomplir une véritable libération des masses ; l’ancien système de pouvoir et de contrôle a été simplement remplacé par un autre ; une élite est remplacée par une autre. Voilà le problème potentiel que je vois dans l’anarchisme ; à moins que les racines des conflits humains ne soient détruites, l’anarchisme ne peut qu’évoluer en un nouveau conflit, un chaos, et alors certains groupes décideront qu’ils doivent soumettre les autres et leur imposer un système de contrôle afin de protéger leurs propres intérêts ; afin de préserver leur propre survie. Voilà pourquoi je pense que l’anarchisme doit être nourri de connaissance de soi, nous devons apprendre et nous comprendre ; pourquoi agissons-nous comme nous le faisons ? Pourquoi devons-nous sans cesse argumenter et proclamer haut et fort que nos positions sont « justes » et que les autres sont « fausses » ? Avant de pouvoir vivre en harmonie avec les autres, nous devons tout d’abord apprendre à vivre en harmonie avec nous-mêmes. Bien sûr, cela semble très hypothétique et je ne fais que suggérer ce que je pense être une approche « meilleure », ou du moins alternative. Bien sûr, je ne suis pas parfait et j’ai encore beaucoup à apprendre à mon propre sujet ; j’ai encore une longue route à faire avant d’être en paix avec moi-même, mais j’y travaille !

Selon moi, le meilleur moyen de changer le monde est d’élever la conscience, ou comme le dit Osho ci-dessus « d’élever la conscience des êtres humains jusqu’au point où le gouvernement devienne une chose futile ». Nous devons d’abord commencer par nous-mêmes, commencer par enlever cette mauvaise racine qui plonge si profondément dans l’esprit humain, l’ego ; c’est de là que viennent tous les problèmes du monde ; c’est de la que naissent tous les désirs de pouvoir et de puissance ; c’est de là que vient le chaos. Tandis que notre connaissance de nous-mêmes croît, nous découvrons que notre connaissance de la réalité grandit, car il n’y a pas de séparation, il n’y a pas de différence ; la différenciation seule cause des problèmes. J’ai lu récemment un antique dicton de l’Orient : « on n’a pas besoin de savoir que l’océan a un goût de sel pour ne pas boire de toute son eau ». Lorsque nous commencerons à comprendre notre nature et celle du monde qui nous entoure, alors nous commencerons à comprendre la véritable nature de phénomènes tels que le capitalisme, le consumérisme et le libre marché. Nous commencerons à percevoir le vrai du faux. Comme Osho le dit, la liberté ne se trouve pas dans le combat, car être contre quelque chose implique de rester associé à cette chose, dans un sens négatif et donc l’on ne peut en être libéré. C’est pourquoi nous devons essayer d’élever la conscience de tous ceux qui nous entourent ; si les gens commencent en masse à comprendre ce qui est vrai ou faux, et à percevoir les effets désirables que les choses peuvent avoir sur eux, alors ils peuvent les laisser partir et ne plus en porter le fardeau. Le résultat sera que ces phénomènes, qui ont causé un si grand déséquilibre dans le monde, perdront leur pouvoir et mourront. Tous les systèmes rigides de pensée n’ont de pouvoir que parce que nous croyons en eux ; une fois que l’on cesse d’y croire, ils ne sont plus nourris par nous, ils dépérissent et meurent. Mon approche est de prendre soin du monde, pas de le contrôler ; dire aux gens comment je vois ces choses, mais sans attente ; l’attente n’est que le désir de contrôle. Il appartient à l’individu de prendre ce qui lui est utile et de laisser ce qui ne l’est pas. Voilà, je le crois, quelle est notre responsabilité.

Paix.

Andy

http://www.spiritualanarchism.net/

Traduction française par Spartakus FreeMann, 1er mai 2009 e.v.

L’anarchisme fait encore bondir les tigres de papier…

Il semble que l’anarchisme ait encore le pouvoir de faire bondir les tigres de papier – il suffit pour s’en convaincre de voir la propagande officielle dirigée à l’encontre de Coupat et de ses amis, injustement retenus dans les geôles françaises pour un crime tout aussi improbable que fantasmé.

Profitant d’un peu de temps j’ai traduit un texte de Hakim Bey, ce qui semble en énerver certains. Ça se passe ici : http://chaos.heliogabale.org/Anarchisme.html

Voici quelques extraits de l’échange qui fait suite au texte :

« Il n’y a pas de vacation au pouvoir.

Le « ni Dieu ni maître » est la phrase la plus ridicule qui existe.

Et sincèrement je ne vois pas trop l’intérêt du texte. On dit que certains moments furtifs, je dirais même d’ordre poétique, sont en soit un fragment substantiel de l’anarchie. C’est intéressant. Et alors ?

Ceux qui critiquent les structures gouvernementales sont ceux qui n’ont pas le pouvoir, c’est une recherche de morale pour justifier leur propre faiblesse. Et à bien y regarde, Hitler était plus anarchiste, même plus punk que cet auteur.

par MonsieurJeSaisTout« 

Réponse :  »

Mouahaha, ton fascisme est le furoncle qui transparaît de mon postérieur, un lendemain de nuit trop morne, un lendemain de nuit trop pleutre pour te plaire.

Ta spécieuse liquidité mortifère est très peu appréciable. Passe donc ton chemin pour, enfin, crever.

Spartakus FreeMann, assassin des punaises de Thulé.

par Prospéro« 

Re réponse :  »

« ni crétins ni enculés sur mon site ». par Prospero ( = Spartakus ? )

Je dois avouer être déçu d’une telle réponse, qui semble bien être une réponse « fasciste » (hahaha).

Tu me dis crétin mais tu ne me connais pas. Tu me traites d’enculé (gratuitement >>> il y aurait donc une once d’amitié ?) alors que je ne suis pas homosexuel. Le mot « enculé » c’est un peu vague, un peu collégien.

Aussi, pour un « Magicien du Chaos » libéré des dogmes et cetera…je trouve cette réponse un peu idéologique. Je trouve que c’est être tout, sauf subversif.

Ton style est pesant, surtout lorsque tu surjoues tes insultes, pour faire le sympas, mais ce n’est qu’un détail, cela m’importe peu.

Aparemment tu souhaites la mort aux gens parce qu’ils ne partagent pas les mêmes idées que toi, c’est étrange. Je te pardonne en l’attribuant à ton paradigme…

Aleister Crowley semble être un de tes maîtres, bizarre au regard des opinions « politiques » qu’il avait..et renseigne-toi aussi sur, par exemple, un de ses biographes français..tu seras surpris(ou surprise) de voir à quel courant il appartient.

Pour le reste, mise à part de mauvaises traductions d’auteurs anglo-saxon, que fais-tu pour te donner autant de légitimité ? Tu as l’air de combattre ce que tu n’as pas réussi à devenir. En réalité, les infiltrés comme toi qui politisent l’ésotérisme ( d’une manière grossière et à peine voilée ), le déservent.

La règle d’or de la Magie c’est le silence, ce que les sociétés secrètes « fascistes » et chaotes observent ; le verbe est divin, et j’attends une argumentation plus fournie que « inutile insecte » et « mauvaise foi qui fait ta vie ». Des mots qui, je m’excuse, révèlent ta véritable personnalité.

PS : et en parlant de mauvaise foi, tu sais bien évidemment que lorsque je faisais référence à « Ni Dieu ni maître » je faisais référence à l’« anarchie » en générale. Allô, y’a-t-il un cerveau ? »

Ce à quoi je réponds ce matin :  »

Je dois avouer être déçu d’une telle réponse, qui semble bien être une réponse « fasciste » (hahaha).

— – Tout à fait, dans ta Weltangshauung biaisée mon insulte est une preuve de ta victoire idéologique et rhétorique. En ce sens donc, je suis un « fasciste » vis-à-vis de tout fasciste. « No pasaran » restera l’essence de ma philosophie et donc ce que je te destine ne peut être qu’insulte et pitié (à la limite).

Tu me dis crétin mais tu ne me connais pas. Tu me traites d’enculé (gratuitement >>> il y aurait donc une once d’amitié ?) alors que je ne suis pas homosexuel. Le mot « enculé » c’est un peu vague, un peu collégien.

— – Ai-je besoin de te connaître ? A mon sens il faut être « crétin » pour sortir d’aussi vagues critiques sur l’anarchie, par pure provocation, par pur plaisir de venir chier là où l’on ne loge pas. Serais-tu plus précis dans tes idéaux que l’on pourrait dialoguer à un niveau qui sorte justement de ce ton « collégien » qui sue de ton phrasé. L’enculé n’est pas un homosexuel – pas toujours – tu le sais encore bien mieux pour me le servir ainsi. Le dictionnaire nous dit : « (Injurieux) Utilisé pour désigner une personne que l’on méprise fortement ». Il n’y a donc pas haine de l’homosexuel dans ce mot mais une taxonomie de ce qui transparaît de ta médiocre plume et de tes idées autant provocatrices qu’inutiles. Je te méprise donc et simplement.

Aussi, pour un « Magicien du Chaos » libéré des dogmes et cetera…je trouve cette réponse un peu idéologique. Je trouve que c’est être tout, sauf subversif.

— – Le « magicien du chaos » n’a pas à aimer tout le monde, tu te trompes dans une approximation de savoir dans ce domaine, comme dans le reste, ce me semble. Donc, avant de venir donner la leçon, lis et apprends au moins un peu ce que peut et ne peut être la magie du chaos. Mon dogme est clairement identifiable et pour ne te donner qu’une leçon ce jour, il est aussi mutable que le plomb des alchimistes.

Aparemment tu souhaites la mort aux gens parce qu’ils ne partagent pas les mêmes idées que toi, c’est étrange. Je te pardonne en l’attribuant à ton paradigme…

— – Je souhaite effectivement la disparition de ce qui est « danger » pour ma survie. Si la vipère se coule dans mon lit, pour magnifique que soit l’animal je le tue.

Aleister Crowley semble être un de tes maîtres, bizarre au regard des opinions « politiques » qu’il avait..et renseigne-toi aussi sur, par exemple, un de ses biographes français..tu seras surpris(ou surprise) de voir à quel courant il appartient.

— – N’essaye pas de m’apprendre qui est qui dans ce jeu. Le biographe de Crowley, rassure-toi on le connaît bien, lui et ses idées. Cela dit le biographe ne fait pas le sujet. Et justement, le seul fait que Crowley soit « récupérable » par ce genre d’individus ne peut que nous pousser à en réclamer, nous aussi, la paternité.

Pour le reste, mise à part de mauvaises traductions d’auteurs anglo-saxon, que fais-tu pour te donner autant de légitimité ? Tu as l’air de combattre ce que tu n’as pas réussi à devenir. En réalité, les infiltrés comme toi qui politisent l’ésotérisme ( d’une manière grossière et à peine voilée ), le déservent.

— – Pour une personne qui parlait tout à l’heure d’Evola, je trouve la mauvaise foi assez flagrante. Me reprocher de politiser l’ésotérisme ? Mais réveille-toi, tout est politique dans l’ésotérisme, toute politique est de l’ésotérisme. Ne pas être conscient de cette réalité c’est la subir.

Maintenant, pour en arriver au centre de ton argumentaire : ma modeste personne. Mes traductions sont mauvaises ? Certes mais où sont les charitables ésotéristes qui fournissent autant de travail, gratuitement ? Où sont ces grandes âmes qui mettent les mains dans le cambouis ? Je n’en vois pas beaucoup. Je ne demande rien en retour, ni adulation, ni argent, mais encore moins une critique aussi vide de sens et mesquine que la tienne.

Tu te gargarises du « silence » hermétique. J’aurais voulu garder le silence et te laisser passer, comme bien d’autres, tu sais ces cadavres sur la rivière… Cependant, la provocation était trop belle pour ne point l’aghoriser grandiloquement et lyriquement. Ma plume faconde et infatuée est ainsi à la hauteur du jeu que tu as désiré commencer avec moi. Tu es sans doute moins fasciste que provocateur, peut-être traditionnaliste comme d’autres sont intégristes. Cela me chaud peu à vrai dire mais je te remercie pour l’opportunité que tu m’as offerte de me lâcher un peu. Je ne suis ni gentil, ni chrétien, ni sympa. Ce que tu crois avoir dévoilé ici n’est que le risible truisme d’une personnalité déjà connue et ouvertement posée sur le net.

Maintenant, la balle est dans ton camp. Si tu t’en sens l’envie et le courage, je te propose que tu m’écrives un texte sur ta position : anarchisme, magie du chaos, politisation de l’ésotérisme. Je te promets de la publier. Autrement, et bien bonne route à toi.

Spartakus FreeMann

par Prospéro »

Bien sûr cela reste bien puérile par rapport à ce qu’on lit en ce moment. Mais no pasaran…

Offrandes solsticiales à Dionysos

Compte Rendu | L'Anarchiste Couronné

« In that year we had a strong visitation of energy » – Celebration of the Lizard, Morrison.

Pour le solstice 2008, nous avons décidé avec Lysianne de réaliser un rituel à Dionysos. Lysianne débute par un reiki, déjà je sens un effet apaisant et très doux. Je mets quelques morceaux des Doors. Mais déjà, IL est présent.

Autel à Kali Dionysos
Autel à Kali Dionysos

On a commencé vers 17.30. Je début par un The Doors « Alabama Song » avant de commencer le rituel.

Ensuite, je pratique l’ouverture en faisant le tour de l’autel trois fois dans le sens des aiguilles d’une montre. J’allume le feu ou les bougies sur l’autel et j’asperge d’un peu d’eau l’autel.

« Je te consacre au nom du Dieu Dionysos Bromios Sôter et je salue Sa venue en ce Temple ».

Je change la musique et je mets les « Consecrations to Lizard King » de Morrison. Et j’entame la première partie :

« Je t’invoque, illustre Bacchus, né par la foudre ; sois-nous favorable, dieu qui portes des cornes, Bacchus Bassaréen, dieu indomptable, toi que charment les épées, les combats et les Ménades sacrées. Bacchus insensé, furieux, qui portes le thyrse, sois favorable aux mortels qui habitent la
terre sacrée, accorde-leur des présents qui les rendent heureux
».

« Ranime la flamme des torches, Iakkhos, ô Iakkhos ! Astre lumineux de l’initiation nocturne ! Chasse les maléfices, les chagrins de l’âge et les ennuis des années écoulées. Toi, qui brilles d’une vive lumière, viens et guide-moi, heureux Iakkhos ! »

« Eloigne de nos chœurs, celui qui, étranger à ces chants, n’a point une âme pure; qui n’a vu ni les orgies, ni les danses des Muses ; qui se plaît aux propos bouffons et déplacés ; qui, loin d’apaiser une sédition ennemie et d’être bienveillant pour ton ami ici présent, les excite et les enflamme, en vue de son propre intérêt : à tous ceux-là je dis, je redis, je répète et redis encore pour la troisième fois, de céder la place à nos chœurs mystiques ! »

« Iakkhos, ami de la danse, conduis-moi. »

Je bois du vin disposé sur l’autel. Je sens un tournis s’emparer de moi. Je danse autour de l’autel.

J’entame la seconde partie :

« Dieu illustre accepte dans ces fêtes les hymnes sacrés que nous chantons en ton honneur, conduis les chœurs avec tes nourrices à la tunique retroussée et avec les heures rapides ; dieu toujours verdoyant, dieu qui portes des cornes, dieu bienveillant, accepte ces offrandes sacrées d’un oeil favorable et fais jaillir pour nous les fruits éternels de la terre. »

« J’invoque Dionysos, au bruit retentissant, qui crie évohé,
Premier-né, à double nature, trois fois né,
Sauvage, indicible, secret, à double corne, double forme,
Mangeur de chair crue, vêtu de jeunes pousses,
Écoute ma voix, bienheureux, doux et sans reproche !
Entre & révèle-Toi à moi, Bromios !
IO EVOHE, Dionysos !
Libérateur qui émerge des ténèbres.
Couronné de laurier, viens Dionysos Eribromios
Prends moi comme Ton véhicule
Car mon âme t’est dédiée.
IO EVOHE, Bakeios, Seigneur de l’Oubli !
IO EVOHE, Lysios, Seigneur de la Liberté !
IO EVOHE, Dionysos, Vagabond des Frontières de l’Abysse,
Viens ! Viens ! Je t’invite !
Viens et inspire-moi !
Eleutherios, Libérateur,
Entre en moi, maintenant,
Que je sois divin en Toi, Dionysos !
»

Je commence une prière intime à Dionysos. Le besoin de danser me reprend. Je commence le festin du Dieu composé de vin, de raisin et de viande crue.

La danse à nouveau et cette magnifique vision de Ménades en folie tandis que je déchire la viande de mes dents. La demande est claire : « lance la course des Ménades contre ceux qui obscurcissent ma voie ». La musique change et la réponse est celle de chiens lancés à l’hallali.

Je clôture alors :

« Tu as insufflé ta lumière dans les ténèbres,
Afin de tracer la voie que les Destinées ont montré au Sage,
Salut à Toi, Juste, Éveilleur et Joyeux,
Que Ta lumière resplendisse sur mes désirs,
Ces rites sacrés sont à présents clos par nos prières silencieuses
»

« Leave me alone et faites pas chier » sera ma résolution pour l’année qui vient !

Spartakus FreeMann, 21 décembre 2008 e.v.

Hot-line Psy

Hotline automatique d’un hôpital psychiatrique.

« Bonjour, bienvenue sur notre hotline automatique des services psychiatriques. »

« Si vous êtes obsessionnel ou compulsif, veuillez presser la touche 1 répétitivement. »

« Si vous êtes co-dépendant, demandez à quelqu’un de presser la touche 2. »

« Si vous avez des personnalités multiples, pressez 3, 4, 5 et 6. »

« Si vous êtes paranoïaque, nous savons qui vous êtes et ce que vous voulez. Restez en ligne, nous allons retracer votre appel ».

« Si vous êtes schizophrène, écoutez attentivement et une petite voix va vous dire quel numéro presser. »

« Si vous êtes maniaco-dépressif, peu importe quel numéro vous pressez ».

« Si vous pensez être possédé par le démon, pressez le 6 à trois reprises ».

Fesse Bouc Brother

Il y a quelques temps je me suis inscrit sur Facebook. Non que ce haut lieu de la « socialitude » me paraissait inévitable, mais j’avais envie, moi aussi – en bon mouton binaire bien dressé – de voir et de vivre l’expérience ultime du web social 2.0 (« deux point zéro » ou « deux fois zéro » ?).

Après trois tentatives d’inscription infructueuses, dont un mail inutilement envoyé au « hell desk », j’arrive enfin à me faire accepter et à créer mon profil. La première impression n’est pas très bonne : une interface pauvre et froide qui rappelle plus l’hôpital que la chambre des délices interpersonnels ; un sentiment de honte m’assaille presque car, aller sur facebook en justifiant du besoin d’y faire œuvre de propagande, c’est un peu comme acheter Playboy pour les articles… Bref, j’y suis, je visite.

En peu de temps, la diabolique machinerie me propose des liens avec des « ami(e)s », Comment, pourquoi ? Ah ben, j’ai cliqué sur le bouton « trouver des amis via vos contacts MSN », ok, la « chose » bosse pour moi. La surprise est alors directe : non seulement je peux voir tous mes contacts enregistrés sur Facebook mais, en outre, je peux aussi voir leurs amis et les amis de leurs amis et les amis des amis de leurs amis… Fortiche ce truc ! Comme je suis là en anonyme, désirant garder la discrétion et la paix, j’ai choisi Spartakus FreeMann comme identifiant, j’ai donc la chance de ne pas croiser mes anciens camarades d’école, de travail ou de galère. Cependant, le système me permet de savoir en un clin d’œil qui fréquente qui, et à la limite qui couche avec qui et quand. J’explore les lieux, je réalise combien d’anciennes « connaissances » du web éso francophone se trouvent là : facile, ils y sont tous ou presque, Facebook ne permettant pas aux morts de s’inscrire, pas encore du moins.

Cool, on peut créer des articles, on peut aussi faire savoir publiquement son humeur, on peut ajouter des photos et les « taguer » pour le plus grand plaisir de nos « amis » qui peuvent rester à l’écoute de nos émois 24h/24 et 7j/7. Bien vite, je réalise que l’on n’est pas sur Facebook pour la littérature mais que le cul, la fesse y a une telle importance, comme aux bons vieux temps de l’IRC, que l’amitié devient sans doute « et plus si affinité » en un temps record. On me propose de m’inscrire au club des partouzards, à celui des échangistes et enfin à celui des « personnes libres ». Mazette, il y a de quoi baiser à couilles rabattues ici.

« Facebook », si je me souviens bien c’est un album que les universités américaines mettent à la disposition de leurs élèves anciens et actuels afin de faciliter leur contact. Ici, il ne s’agit plus de ça, j’y vois plutôt un « Fesse book », mais vu l’ambiance, je me dis aussi que je suis la chèvre que l’on mène au bouc. Car, il y a quelque chose de démoniaque là-dessous. C’est infernal, c’est vide, d’un néant presque affligeant et terrible. On ne parle de rien, on s’agite pour ne rien dire en dehors de « salut, kikou lool », « je suis en train de faire le café », « je joue à WoW », … Une liste sans fin de l’absence absolue de toute forme de communication, une grande cacophonie de l’être qui impose son inexistence aux yeux du monde. En fait, le Fesse Bouc c’est un peu le fléau du portable dans l’internet. On parle sans arrêt pour ne rien dire. On assouvit une pulsion du dire dans un désert de communication, on se branle publiquement de l’inanité de nos petites vies mesquines et vides. Le pire c’est que les gens aiment ça, ils adorent s’entendre parler et, ici, se voir écrire et se savoir lu, perçu par les « amis » qui ne peuvent rester loin.

Il y a aussi un sentiment de malaise qui m’étreint peu à peu. Bien qu’inscrit sous un pseudonyme, il semble que l’on puisse découvrir que je suis là – je, c’est-à-dire moi personne du réel – grâce à la présence de mon adresse email « officielle ». Bon, on retire ça. Ensuite, après avoir essayé de mettre en ligne ma vitrine Lulu, je m’aperçois que la machine me dévoile sous mon véritable nom ! Diable, on rêvait de Big Brother, on a là mieux, c’est le Fesse Bouc Brother organisé, mis à jour et partagé par tous et pour tous ! Les RG peuvent dormir sur leurs deux oreilles, le citoyen fait à présent son travail, librement, spontanément, gratuitement. Oh, bien sûr, on me dira que si l’on a rien à se reprocher, on ne doit pas avoir peur d’exposer ainsi son « réseau social », ses habitudes de vie, ses goûts et ses dégoûts, ses centres d’intérêt politiques, philosophiques et sexuels… Dans le meilleur des monde c’est vrai…

Spartakus FreeMann, novembre 2008 e.v.

Comment j’suis tombé dans c’te bordel ?

Internet. Voilà un mot qui fait fantasmer le commun des mortels que nous sommes tous. Enfin un espace de liberté, une zone de partouze libre-échangiste d’idées, de mots, de coups de gueule, d’autoglorifications… Bref, un foutoir cosmik pour extravertis comiques. Un Eden électronique qui permet de tout dire sans annoncer son existence réelle : qui pense que tous ces zigs qui publient sur le net existent réellement ? M’enfin, comment voulez-vous que ces millions de messages éjaculatoires soient l’œuvre de simplets citoyens mondialisés et acculturés ?

Et pourtant, si, il y a bien des personnes qui avaient des choses à dire depuis l’avènement de notre Saint Sauveur mais faute de médium, le silence régnait sur cette terre tombée dans un matérialisme ron-ron bon enfant !!! Ces personnes réduites au silence ont pu enfin s’exprimer librement si ce n’est libertairement sur cet espace inexistant et pourtant bien présent qu’est l’INTERNET. Ironie du sort, ce nouveau médium est sorti de l’imagination fébrile de militaristes en peine de communications intra- voire inter-armées ! Ainsi, donc, après un ravalement de façade libertarien-consumériste, tout-qui-veut peut enfin placer son caca plumitif sur les ondes mégatroniques de l’internet cosmo-planétaire. Quelle chance pour la démocratie, la défense des pingouins hémiplégiques et autres politiciens en mal de reconnaissances médiatiques (hein M’sieur Gore ?).

Bibi, auteur de cet article binaire, comprend vite qu’internet c’est aussi pour lui et, bien vite, il s’arme d’un PC, d’un butineur et d’une connexion. Et le voilà catapulté sur l’onirique grande toile… Ouawouwa ! Quel air frais, quel sentiment de puissance, que de choses bandantes dans cet espace ouvert et multi-culturel qu’est le oueb !!! Je commence alors à lancer des e-mails dans tous les sens : en Amérique, en Afrique, en Belgique, au Togo puis je passe au butinage en lui-même, sélectif, professionnel et bordélique surtout. Les mois passent et je monte mon propre site oueb, mon espace de liberté éditoriale, mon p’tit paradis à moi quoi. Les choses étaient alors super, pleins de contacts enrichissants, des potes électrisés et inaccessibles, des engueulades, des bisous, des infos à la pelle. Bref, le bonheur solitaire bon ton de fin de millénaire.

Mais voilà, après ces années de jouissance solitaire quoique partagée, il apparaît bien vite que l’internet c’est un peu vide… Car, enfin, à force de communiquer n’oublie-t-on pas le plus important, c’est à dire faire passer un message. Vous avez déjà été sur un groupe de discussion et essayé de tenir plus d’une semaine ? Oui, alors vous êtes fortiche car moi, après deux-trois jours je déconnecte. La dernière fois, j’ai reçu après deux heures d’inscription près de 300 messages !!! Trois plombes pour décortiquer le tout et se rendre compte que rien n’est dit en définitive, il en ressort juste une légère brise ionisée bien vite oubliée. Quant aux sites persos là on entre dans une purée multicolore qui donne le vertige après deux ou trois heures de butinages voyeuristes. Des astrologues, des anarchistes, des nazillons, des contre-nazillons, des pubs, des pubs, encore des pubs, des banques, du sexe, des pubs, du sexe, du sexe, des pubs, des folies affolantes et d’affolantes folies, du vide, URL not found, du sexe, de la pub, des magiciens en robe Chanel, des pubs et pour finir Le Figaro en ligne déversant sa prose néo-droitiste libérale psycho-rigide… Tout un programme pour psychanalyste désabusé !

Et on y voit de tout sur l’internet. Des zozos zébrés du bulbe comme votre serviteur, des fanatiques de la communication outrancière, des fanatiques tout court, des illuminés (mystiques, politiques, …), des oculistes occultistes, des bazars de l’épouvante, des livres en ligne avec phôtes d’auretografes, des hommes cherchant femmes, des femmes cherchant hommes, des hommes cherchant chiens et des chats n’y retrouvant même pas leurs petits. Un vrai bordel où tout est dit en ligne, en temps réel, avec mise à jour automatique, en javascript ou an ASP et ce pour le plus grand plaisir d’intoxiqués de l’info.

Arrivé à un tel point, on a deux solutions : le suicide du disque dur ou bien la déconnexion définitive. Enfin, non, il reste aussi la possibilité de continuer à y croire et chercher d’autres façons d’utiliser cet outil, car ce n’est rien d’autre qu’un moyen d’action et non une fin en soi, qui peut mener à changer véritablement le monde. Et c’est ainsi que je suis tombé sur Uzine et Minirézo qui, à mon sens, offrent une capacité d’interagir et de vraiment communiquer et donc de s’enrichir d’expériences, mais aussi de savourer des bons mots dans une optique anti-mondialiste et critique. Ce qui franchement fait du bien après des mois à se demander « Mais qu’est-ce-que je suis venu faire dans cette galère ? »