Publication d’Anarchisme Ontologique d’Hakim Bey

Je viens de finaliser, après 5 ans de travail, la traduction des oeuvres d’Hakim Bey non encore publiées en français. Grâce à l’aide précieuse de Lysianne – et d’autres que je tiens à remercier ici – les textes sont à présent revus entièrement, corrigés et le livre mérite enfin ce nom !

Cet ouvrage a pour ambition de proposer, aux lecteurs francophones, un panel de textes, dont certains traduits pour la première fois en français, en espérant qu’ils leur permettront de pénétrer la pensée fascinante de l’un des auteurs les plus ‘contre-culture’ de la fin du XXème siècle.

Peter Lamborn Wilson, dit Hakim Bey (signifiant «M. le Juge» en turc), est un écrivain politique et poète se qualifiant lui-même d’«anarchiste ontologiste».

Il se peut qu’Hakim Bey soit une identité partagée par plusieurs auteurs à tendance anarchiste, dont Wilson, l’objectif étant de mettre en avant moins leur auteurs que les idées elle-mêmes. Et c’est également notre but ici.

Spartakus FreeMann, septembre 2008 e.v., au Nadir de Libertalia

POUR ACHETER LE LIVRE :

Vitrine de Spart

Anarchisme Ontologique
Anarchisme Ontologique

Préface

Que la plume de Spartakus Freemann en arrive à enlacer celle d’Hakim Bey, rien de plus normal. En y réfléchissant un peu, on trouvera même l’étreinte rassurante, comme l’est généralement cette impression que les choses sont bien à leur place.

Sur l’auteur de la TAZ, on a beaucoup glosé à la mode scolaire et, surtout, on l’a transposé proprement en essuyant les bords, pour ne pas faire de tache, mais Hakim Bey n’est pas un auteur que l’on peut traduire à froid, ce n’est pas une notice pour meubles en kit. Pour le rendre, sans le desservir, il fallait un feu égal.

C’est que Bey est avant tout un poète. Cependant, parce qu’il raisonne –on refuse généralement la pensée aux poètes– on croit pouvoir le réduire comme une sauce, en faire de la philo prête à consommer. C’est oublier que l’art a cela de particulier qu’une fois prélevés les concepts, comme on soustrait des organes, il ne reste plus que du prêt à pourrir. Oui, j’aurais pu employer le terme disséquer, mais c’est un terme aussi dégradé que poète –ce qui est bien dommage, car c’est précisément le rôle de ces galvaudés que d’empêcher ça.

Evidemment, on se figure que les choses auraient pu être dites autrement, que si l’auteur a préféré suer sang et eau plutôt que de bronzer sur une plage tropicale, c’est un choix tout à fait personnel… Illusion évidemment entretenue par ceux-là même qui s’escriment à congeler les idées, à défaut de pouvoir refroidir les auteurs. Car il faut éviter à tout prix que l’écriture n’affecte le réel. Il en résulte qu’après vingt siècles de littérature, pour parvenir à parler d’amour ou de ferveur un peu décemment, il faut être biologiste, ou génial. Hakim Bey n’est pas biologiste. Spartakus Freemann non plus, & c’est pourquoi il arrive à traduire l’oeuvre d’Hakim Bey sans la corrompre.

Qui est exactement cet auteur que l’on prétend vous faire lire ? Selon certains, Hakim Bey s’appelle en réalité Peter Lamborn Wilson. Lui-même se qualifie d’«anarchiste ontologiste», ce qui lui a valu un beau succès & une progéniture de poussins se réclamant de lui, à raison ou à tort. D’autres de ses lecteurs – dont je suis – pensent que c’est une hydre, que plusieurs mains tiennent la plume.

En réalité, peu importe. L’essentiel est que son écriture peut transformer le monde. Mais elle ne veut pas vous convertir; comme l’amour fou, elle veut simplement avaler des galaxies.

Car le Chaos désire votre bien ; le corps est une forme supérieure de spiritualité, faire la fête, la voie du salut, et l’art une politique de rêve, urgente comme le bleu du ciel. D’ailleurs, Babylone a commencé à chuter dès lors que nous avons trouvé Lascaux belle.

Bienvenue, donc, dans un monde rendu à sa normalité.

Lysianne Detey

Extrait du texte Amour Fou, Hakim Bey, traduction Spartakus FreeMann, 2008

L’Amour Fou n’est pas une Démocratie Sociale, ce n’est pas le Parlement du Deux. Les minutes de ses réunions secrètes portent sur des choses éloquentes trop énormes, mais également trop précises pour la prose. Pas ceci, pas cela – son Livre d’Images tremble en nos mains.

Bien sûr, il chie sur les maîtres d’école & sur la police, mais il se moque tout autant des libertaires & des idéologues – ce n’est pas une pièce bien propre & éclairée. Un charlatan topologue en a dessiné ses corridors & ses parcs
abandonnés, son décor d’embuscade lumineusement noir & sombrement rouge maniaque.

Chacun d’entre nous possède la moitié de la carte – comme deux potentats de la Renaissance, nous définissons une nouvelle culture avec nos enlacements anathématisés de corps, avec nos fusions de liquides – les veines imaginales de
notre Cité-État mouillent nos vêtements.

L’Anarchisme ontologique n’est jamais revenu de son dernier week-end de pêche. Il y a si longtemps que personne n’est allé se plaindre au FBI, le Chaos se fout du futur de la civilisation. L’Amour fou engendre seulement par accident – son but primordial est l’ingestion de galaxies. Une conspiration de la transmutation.

[…] L’Amour fou implique la sexualité a-ordinaire de la manière dont la sorcellerie demande une conscience a-ordinaire. Le monde post-protestant anglo-saxon endigue sa sensualité qui est réprimée dans la publicité & qui se divise dans le choc des foules : les prudes hystériques contre les clones de moeurs légères & les ex-célibataires. L’Amour fou ne veut pas rejoindre l’armée d’un autre, il ne prend aucune part dans la Guerre des Genres, il est emmerdé par la parité des emplois (en fait, il refuse de travailler pour vivre), il ne se plaint pas, il n’explique pas, ne vote jamais & ne paye jamais d’impôts.

[…] L’Amour fou est toujours illégal, qu’il soit déguisé par le mariage ou en troupe boy-scout – toujours ivre de vin ou de ses propres sécrétions ou de la fumée de ses propres vertus polymorphes. Ce n’est pas un dérangement des sens, mais
bien leur apothéose – il n’est pas le résultat de la liberté, mais plutôt son prérequis. Lux et voluptas.

Rituel commun à Dionysos

Rituel du mardi 14 juillet 2008. Compte rendu par Spartakus

Avec Zatzol on a profité d’être ensemble pour s’essayer un rituel dédié à Dionysos ainsi que pour nous «unir» devant lui.

Nous avons débuté par une petite séance de reïki suivie de la préparation des éléments du rituel : du vin chaud épicé, du raisin, de la viande crue, gingembre, le Thyrse, la bougie, l’encens…

Nous avons commencé très tard, un peu fatigués, et Zatzol a ressenti une autre présence avant la venue de Dionysos. De mon côté, le démarrage fut très lent et il a fallu attendre une danse pour que j’entre totalement dans le rituel et que je sente la présence. Les images du dieu étaient différentes, la perception d’un masque et une énergie différente, quoiqu’en sympathie avec celle de Dionysos. Après réflexion, je suis persuadé avoir perçu l’avatar de Sabazios, le côté sacerdotal du dieu présidant aux unions et aux orgies sacrées. Zatzol a perçu une présence masquée portant un manteau sombre.

Au bout de quelques minutes, nous avons dérivé lentement vers le rituel de « mariage mystique ».

Pas de clôture du rituel, nous avons laissé les énergies se dissiper d’elles-mêmes.

Nous sommes à présent unis pour ce qu’il adviendra.

Compte-rendu de Zatzol Fölk

Rituel à Ganesh du 1er juillet 2008. Compte rendu de Zatzol

Hier soir, 1er juillet, Ganesh était à l’honneur. Jusqu’ici mes rituels avec cette divinité ont été couronnés d’un succès mitigé. Présence plus ou moins lointaine et sensations variables, allant de guirlandes d’énergies dans le dos à des angoisses de mort.

Mais cette fois j’ai eu Ganesh dans mon salon et il m’a acceptée. Lait de coco pour fêter ça !

Après une séance de reiki synchrone d’une trentaine de minutes, j’ai commencé par disposer quelques éléments classiques sur le sol : bougie, encens, gâteau (dont Ganesh m’a fait savoir qu’il était désormais inutile – je le conseille cependant pour approcher ce dieu) & nous avons ouvert par le classique OM GAM GANAPATAYE NAMAHA alterné avec des GAM GAM GAM.

Cette première partie a été sous le signe de l’armée de fourmis qui monte qui monte dans le dos.

Après une courte pause, nous avons repris les mantras, de mon côté le mantra d’adoration : OM NAMO BHAGAVATE GAJÂNANÂYA NAMAHA. La présence de Ganesh a été immédiate & très forte. Je me suis retrouvée nez plongeant vers le sol et mains jointes, dévotion-dévotion… Je crois n’avoir jamais eu une présence aussi forte et lourde dans mon appartement. Vague impression de danger et une sorte de peur sacrée.

Il m’a montré un symbole, un œil stylisé recouvrant (cachant ?) un lotus dans lequel j’ai discerné également la forme d’une barque. Non élucidé pour l’instant. Puis je l’ai vu enfant et il m’a entourée de ces énergies. Chaudes, à la fois vaporeuses et liquides. Je pense que l’enfance est un principe très important de ce dieu. A réfléchir.

A la question « pourquoi m’appelles-tu ? » j’ai brillamment répondu «grmpf-glpbrf-krk…». Le Seigneur Ganesh m’a dit « ça va… éteins la bougie ». J’ai éteint et il a disparu en une fraction de seconde.

Le rituel s’est conclu de façon quasi synchrone avec mon binôme.

Retour sur MSN pour papoter avec Spart dont je mets le compte rendu à la suite de celui-ci. Durant une bonne vingtaine de minutes, j’ai eu l’impression que de l’eau chaude me coulait partout dans le corps, impressionnant.

Rituel à Ganesh

Rituel à Ganesh du 1er juillet 2008. Compte-rendu de Spartakus

Avec Zatzol, nous avons décidé de commencer la soirée par un soin reïki à distance. Celui-ci ne fait pas véritablement partie du rituel proprement dit, mais il nous semblait opportun de nettoyer un peu les çakras avant de commencer afin de faciliter la circulation des énergies.

Vers 20h45, nous avons pratiqué un soin à distance simultané. Le reïki pulsait bien, sensation de picotements dans les mains, grande douceur.

Un peu plus tard, nous avons commencé le rituel à Ganesh. J’ai décidé de faire très dépouillé : un bol d’eau, deux bougies, un bâtonnet d’encens. J’ai ouvert par l’adoration suivante :

Puissions-nous rendre hommage à Ganapati, Le Protecteur des gens nobles de coeur, Le Meilleur des poètes, Le Plus Vénérable, Le Plus Grand des Maîtres et le Trésor de toute connaissance. Ô Ganapati ! Nous Te prions de nous écouter et de prendre place dans notre coeur.

Ensuite, j’ai allumé l’encens tout en récitant la prière de dédication :

Ô Seigneur ! Voici de l’encens fait d’herbes aux douces odeurs. Il est destiné aux Deva. Je Te prie de l’accepter.

Et ensuite :

Ô Seigneur, Tu es non-né, sans-forme et absolu; Tu es au-delà de la félicité de la félicité elle-même, l’Unique et l’Infini. Tu es le Suprême, sans attributs, ni différenciation ni désir. En vérité Seigneur, Tu es le Suprême Brahman. A Toi, Ô Seigneur, nous offrons notre adoration.

Ta nature est au-delà des attributs. Tu es la personnification de l’intelligence et de la félicité, l’Esprit resplendissant, le terme de la connaissance. Tu es l’Objet de la méditation pour les sages, sans-forme et omniprésent comme l’éther. Tu es le Seigneur Suprême, le Suprême Brahman. A Toi, Ô Seigneur, nous offrons notre adoration.

Tu es la Cause du monde, la connaissance première, l’origine des dieux, l’origine de la félicité, le Seigneur des Gunas, le Seigneur de tous les êtres célestes. Tu emplis tout l’univers et Tu es vénéré de tous. Tu es le dieu des dieux. A Toi, Ô Seigneur, nous offrons notre adoration.

Salutations au Seigneur Suprême Ganesha ! Tu es Brahman. Tu accordes tous les pouvoirs. Ô Vighnesha qui écarte tous les obstacles, salutations ! Salutations !
J’ai enchaîné alors par le mantra : OM GAM Ganapataye namaha, entrecoupé de GAM GAM GAM. Le tout pendant 15 à 20 minutes.

Tout de suite, d’étranges sensations ont commencé à parcourir mon corps, des picotements, comme des fourmis marchant sur mon dos, mes bras et ma nuque. Une impression de danger « diffus » imprègne la pièce, pas un danger mortel, mais une impression de grande force irrépressible. Il n’y a aucune expression particulière de la présence, en dehors de ça. Je peux juste entrevoir Ganesh dansant au milieu d’une bataille. Une grande joie, une force absolue, une forme d’équilibre dans la destruction.

Une brève interruption vers 21.40 pendant laquelle on échange nos impressions avec Zatzol.

La seconde partie est constituée presque exclusivement de GAM GAM GAM. La sensation qu’un insecte me grimpe le long du dos. De la chaleur dans les mains. À un moment, je me suis arrêté et j’ai entendu en moi une question : « Pourquoi ? ». J’ai répondu spontanément : « Pour ôter tout obstacle ». Réponse toute aussi brève : « Il n’y a pas d’obstacle ! ».

Ganesh a alors coupé abruptement. J’ai laissé se terminer l’encens avant d’éteindre les bougies.

Le rituel a été clôturé à 22h05.

Ganesha
Ganesha

Projet Çakras

Alors voilà, après le Projet Kali-Dionysos, dont la phase préliminaire vient d’être achevée, nous commençons avec Zatzol à bosser sur le Projet çakra.

Le but ? Vous le saurez bientôt… Mais, en gros, il s’agit de bosser sur les divinités associées à chacun des çakras…

Chandamaharosana Tantra : « Le pratiquant ne doit jamais penser dans les termes de “pur” ou “d’impur” ; il ne doit jamais penser dans les termes de : “comestible” ou “non comestible”, “digne d’être réalisé” ou “ indigne d’être réalisé”, “adéquat pour être aimé” ou “inadéquat pour être aimé”. Le yogi qui ne respectera pas ce conseil sera maudit et perdra tous ses siddhis!

Le premier rituel commun est fixé le 1er juillet 2008.

Compte Rendu

Rituel commun à Kali et à Dionysos du samedi 31 mai 2008. Compte-rendu de Spartakus

Vers 20.00, préparation des éléments du rituel, de l’autel. On revoit brièvement les modalités du rituel commun avec Zatzol sur MSN.

Lancement de diverses musiques pour l’atmosphère : American Prayer de Jim Morisson, Ravi Shankar et Lakmi Shankar.

Ouverture à 20.25 par l’Offrande à Dionysos, purification de l’autel, allumage des bougies.

Autel de Spartakus
Autel de Spartakus

La connexion avec le Dieu se fait directement. J’ai demandé de voir son aspect « sage » et il me l’offre. Lancement de la « Croisade Spirituelle » de Makak. Méditation. Pour la première fois le Dieu m’offre le plaisir de courir chasser le chevreau avec les Ménades. Course folle dans les hautes herbes, cris, chants, tambours dans le lointain, nuit sans lune. La proie est dépecée vivante, je me roule dans la chaleur de l’animal, course poursuite, jeux, baisers, amour, danse.

Pulsion de me lever et de danser autour de l’autel. Chaleur dans tout le corps, le reïki se réveille et crache dans tous les sens.

Banquet dédié au Dieu. Vin au gingembre, viande crue, raisins.

Danse à nouveau avec le verre de vin porté en procession autour de l’autel. J’entends le morceau instrumental éructer des « IO EVOHÉ Dionysos ! », très clairement.

Je remercie le Dieu de sa présence. Et je brûle le papier sur lequel est écrit le rituel. Les cendres sont jetées dans le bol contenant l’eau de purification.

Pause de quelques minutes. La chaleur dans le corps est intense. Les mains sont brûlantes.

Maha Kali de Dissection comme introduction au rituel de Kali.

J’ouvre pas des séries de « Om Maha Kali Jay ! » pendant quelques minutes.

J’ai l’impression que l’on oblige mon dos à se redresser et à se mettre dans une position correcte.

Séries de « Ma go ma, jay kali, jay kali, kali, kali, kali, kali ! » entrecoupées de séries de « Krim Krim Krim ».

J’ai la vision de la Déesse, souriante, bénéfique. Je sens que je dois courber la tête en signe de respect. Les mantras « Om Maha Kali Jay » se transforment et deviennent un chant.

Je ressens le besoin de danser en l’honneur de Kali. Autour de l’autel tout en continuant les « Ma go Ma », je danse avec la nette impression d’avoir quatre ou huit bras.

Visions de la Déesse et du Dieu qui dansent ensemble. « Dionysos est Shiva ! », vision intime très nette, pas une idée mentale, pas une « connaissance extérieure », la sensation de redécouvrir en moi une vérité.

Quelques séries de mantras en lotus, puis à nouveau l’impulsion de danser.

Je prends mon tambourin et je commence à danser devant l’autel en tapant la mesure avec le tambourin.

Je clôture ensuite par quelques mantras à Kali et un remerciement.

On fait un petit debriefing avec Zatzol sur MSN. Musique de chants hindous. La descente commence et l’alcool commence à faire son effet. Quelques moments de danses.

Thyrse Groupé

Rituel du samedi 31 mai 2008. Compte rendu de Zatzol Fölk

Ayant passé beaucoup de temps à préparer le matériel la semaine précédente, notamment un thyrse et un yantra (ou disons l’équivalent d’un yantra) dionysiaque, je me suis contentée d’un nettoyage-purification de la pièce et moi-même sous la forme d’un bain moussant (bah vi, c’est cool la magie).

En préparant l’autel, quelques musiques, mais j’ai ensuite oeuvré dans le silence.

Comme je travaillais pour la première fois avec ce dieu, j’ai grosso modo suivi le rituel indiqué par Spartakus dans son article Offrande.

Pour l’autel (ci-dessous) j’ai mêlé les attributs des divinités : nappe verte pour Dionysos, lingam de Shiva dans l’eau, etc. viande crue, vin et gingembre & plutôt qu’un bol de tchaï, je me suis fabriqué un vin chaud aux épices massala. Délicieux et efficace.

J’ai disposé un yantra de chaque côté de l’autel.

1. En guise de nettoyage-bannissement :

J’ai fait brûler un peu de camphre et de l’essence de lavande sur un bâton d’encens.

Comme mantra de purification : OM PADME VIMALE PHAT

Pour Dionysos, face à l’est, en frappant le thyrse sur le sol: Hekas, o hekas, este bêbêloï !

2. J’ai ouvert en répétant plusieurs fois, thyrse en main :

«Zagreus, Petit Cornu, Deux-fois Né

Je T’invoque & T’invite

Pénètre-moi & révèle-Toi à moi, ô Bromios !

Briseur des Liens,

Porteur de la Vision Mystique,

Car je suis Ta prêtresse dévouée.

Io Evohé Dionysos!»

A mon grand étonnement, la présence de Dionysos a été immédiate, de même que la connexion (pourtant lointaine) avec Spartakus.

Ma première impression est que ce dieu est vraiment celui de la « folie ». Je me suis mis plusieurs fois à rire, non pas amusée par quelque chose, le rire montait simplement en moi comme une ivresse.

J’ai enchaîné sur :

«Ranime la flamme des torches en les secouant dans tes mains, Iakkhos, ô Iakkhos ! astre lumineux de l’initiation nocturne ! La prairie brille de feux, le genou des vieillards recouvre sa souplesse. Ils chassent les chagrins de l’âge et les ennuis des années écoulées, grâce à la solennité Et toi, qui brilles d’une vive lumière, viens et guide sur cet humide tapis de fleurs une jeunesse dansante, heureux Iakkhos !

Déméter, souveraine des chastes orgies, sois­nous favorable et protège le chœur qui t’est consacré ; fais que je puisse toujours et sans trouble me livrer aux jeux et à la danse ; me répandre en mots plaisants et en propos sérieux, dignes de ta fête, et, vainqueur en badinage et en raillerie, être couronné de bandelettes ! Voyons, maintenant, appelez ici par vos chants l’aimable Dieu, qui prend toujours part à vos danses. Iakkhos vénéré, inventeur des douces mélodies de cette fête, guide nos pas auprès de la Déesse, et montre que, sans fatigue, tu accomplis une longue route.»

Je suis alors passée de l’autre côté de l’autel pour ouvrir le rituel à Kali par OM MAHA KALI JAY, puis KRIM KRIM KRIM.

Le tout arrosé de vin aux épices, de viande & de gingembre.

Sensation tout aussi immédiate de la présence de Kali qui s’est faite de plus en plus forte durant le rituel –elle n’avait même jamais été aussi forte. Chaleur dans le dos, la nuque, les mains. Egalement l’impression que la sensation de toucher sur ma colonne s’étendait à mes omoplates et descendait sur mes hanches en suivant deux lignes parallèles à la colonne.

Tout cela a duré une vingtaine de minutes, suite à quoi, nous avons marqué une pause pour nous concerter et effectuer une invocation synchrone aux deux divinités.

D’abord à Kali. Après m’être badigeonné de cendre, j’ai testé pour la première fois le mantra OM HRIM SHREEM KLIM ADYA KALIKA PARAM ESHWARI SWAHA qui me plaît énormément. Je le sens très puissant.

Ensuite à Dionysos, j’ai récité l’invocation suivante :

«J’invoque Dionysos, au bruit retentissant, qui crie évohé,

Premier­ né, à double nature, trois fois né,

Sauvage, indicible, secret, à double corne, double forme,

Lierre ­regorgeant, face de taureau, pur,

Mangeur de chair crue, vêtu de jeunes pousses,

Eubouleus aux nombreux conseils, de Zeus et Perséphone

Écoute ma voix, bienheureux, et, doux et sans reproche !

Entre & révèle Toi à moi, Bromios !

Briseur de liens,

Dispensateur de Visions Mystiques,

Car je suis Ton prêtre.

IO EVOHE, Dionysos !

Libérateur qui émerge des ténèbres.

Couronné de laurier, viens Dionysos Eribromios et prends moi comme Ton véhicule

Car mon âme t’est dédiée.

IO EVOHE, Bakeios, Seigneur de l’Oubli !

IO EVOHE, Lysios, Seigneur de la Liberté !

IO EVOHE, Dionysos, Vagabond des Frontières de l’Abysse,

Chevaucheur du Serpent !

Viens ! Viens ! Je t’invite !

Viens et inspire-­moi !

Laisse-moi chevaucher le Serpent avec Toi.

Eleutherios, Libérateur,

Je suis ton prêtre mortel

Fait de glaise, de rosée et d’esprit.

Entre en moi, maintenant,

Que je sois divin en Toi, Dionysos !»

Puis chanté plusieurs fois, la première «Zagreus, Petit Cornu, Deux-fois Né, etc.»

J’ai ressenti le besoin de m’agenouiller devant Dionysos qui m’a demandé de passer ma main dans la flamme de la bougie, puis de l’y laisser. Aucune sensation de brûlure.

Commençant à ressentir la fatigue, j’ai clos le rituel à Dionysos par :

« Tu as insufflé ta lumière dans les ténèbres,

Afin de tracer la voie que les Destinées ont montrée au Sage,

Salut à Toi, Juste, Eveilleur et Joyeux,

Que Ta lumière resplendisse sur mes désirs,

Ces rites sacrés sont à présent clos par nos prières silencieuses»

Je suis retournée de l’autre côté de l’autel, mais ce n’était pas complètement clos apparemment. J’ai fini à poil à danser et à gueuler Om Maha Kali Jay debout (c’est la première fois que je me lève pour chanter un mantra)… J’ai ensuite versé l’eau du lingam de Shiva sur mes mains et mon corps.

La descente a été très longue. Le lendemain, j’avais encore la sensation de chaleur et de toucher dans le dos, envie de sauter partout. De mon point de vue : réussite sur toute la ligne.