Ce matin… Les séquelles…

Je te vois. Oui, je te vois. Oh, tu peux bien nier, mais en fait tu es comme tous les autres.

Bonne nouvelle : le H1NA, le truc dont on nous gave depuis des semaines, la grippe des cochons, et bien, en fin de compte, il va pas nous tuer. Imaginez un peu combien il est facile de détourner l’attention du bon peuple. Plus de fric, la crise, tout se casse la gueule, mais c’est rien tout ça, car l’apocalypse est à nos portes. Demain, on va tous crever si nous n’acceptons pas le vaccin-saint-chrême-miracle des labos pharmaceutiques. Vite courrez ! Mais courrez donc on vous dit ! Imbéciles ! Merde, il y a déjà eu quelques milliers de morts, alors ayez peur, tremblez, mouillez vos frocs ! Et pendant ce temps arrêtez de réfléchir – pour ceux qui réfléchissent encore.

Hier soir, je regardais un porno. Envie de gerber sur l’écran. Je regardais les yeux de cette fille qui se faisait défoncer le sphincter par un mâle hilare au sourire de sauterelle. Ses yeux ne disaient pas le plaisir, ses yeux se déversaient en une plainte muette. Qui peut penser que cette fille a véritablement voulu ça ? S’égorgeant avec une queue, à en râler de la bile, on dirait qu’elle veut en finir. Une sensation, un pressentiment de véritable maléfice, me monte dans les tripes. Dans mon fauteuil, le cul bien bordé de confort, je peux bien jouer l’empathie, mais elle ça lui fera aucun bien. Les mecs – oui ils sont plusieurs – fouillent le corps de la fille de tous leurs doigts, on dirait qu’ils cherchent Dieu sous les chairs et dans les orifices. Bave, semence, lubrifiant, tout se mêle dans la bouche de cette fille aux yeux vagues. Moi, je peux bien roter dans ma certitude, qu’est-ce que ça change ? « I want to fuck your ass, baby », « Oh yes, fuck me, I do love you » – zap !

Je te vois, tu sais…

En fait, l’humanité semble bien se résumer à ces deux épisodes. Entre peur et sauvagerie, voilà la human attitude depuis l’aube des temps. Je les vois ces gens, dans la rue, ils ne sont pas différents, ils ont juste choisi d’avoir peur en cocooning. Famille, travail, vacances ! Trio de la pâte à lâches. On dirait parfois des zombies, mécaniquement ils baisent, ils bouffent, ils partouzent en bouffant, ils s’échappent sur une île de la tentation improbable. De la fuit, ils se cachent d’eux-mêmes et si on ose les bousculer, attention danger ! Chasse aux sorcières, dangereux extrêmes-gauchistes autonomes ! Merde quoi, laissez-nous regardez la télé de 7 à 8 qu’on oublie qu’on ne vit que par procuration : nos enfants, nos boulots, nos dettes, notre voiture, les enfants dans la voiture garée dans l’allée de ce putain de pavillon de banlieue… Et la nounou passera s’occuper du chien pendant qu’on sera sur la plage à rôtir notre néant au four d’un pays dont on se fout. Clic-clac le vide est sur carte SD. Ça fera du temps à remplir en hiver avec les potes qu’on jalouse depuis qu’ils ont le nouvel écran LCD.

Et l’on voudrait que je ne regarde pas les yeux de cette fille à l’anus béant sur notre lâcheté ? Rigolez, rigolez bien, mais doucement pour ne pas couvrir le son de la pub.

Spartakus Freemann