Triste…

Triste…
Il est 20.36 CET selon le temps vulgaire universel… Il est minuit à l’horloge de ma vie. La nuit est à présent partout, ma Lumière est morte, étouffée par l’absence de Souffle vital. Je regarde, pour tromper mon ennui d’écrire, ce pantin cinétique débitant ses horreurs de la vie, ce télévisuel despote de l’écoulement de notre cœur, je veux parler de PPDA, diminutif qui claque comme DCA, OPA, CACA… Je m’ennuie de Toi, d’Elle, d’Eux. Je suis aussi solitaire et esseulé que le pauvre moine perché sur sa colonne, les vers de l’illusion de la morale me bouffent les tripes avec une voracité toute macdonaldienne… « Mange mange mange, qu’il ne reste rien » puis-je entendre l’un d’entre eux dire à son compagnon… Bizarre, ce ver à la même tête que ma mère… Ah, l’éternel virus-foudre de la psyché détruite sans doute !
Orange, une pub pour Orange, et voilà le souvenir de la Cause Première de ma tristesse, le dissolvant universel de la Materia Prima cérébrale… Orange, ah, un téléphonique bonheur qui m’est interdit, un Silence encore plus terrible que mon silence intérieur… Comme d’être dans une Tombe égyptienne, prisonnier alors que les derniers pièges viennent de se refermer derrière moi. L’Air déjà manque mon Amour, le Souffle se fait sifflant… Mais il me reste du temps, un peu de temps. Que ne retentit donc cette horrible et pourtant paradisiaque sonnerie ? Trompette annonciatrice de Ta descente en Moi, prémisse de Ta Voix, véhicule de la musique et du chant du monde… T’écouter sans rien dire, muet, ‘Ash écoutant Noun, et s’unissant afin de redevenir pour un court instant le Na’hash qui s’est lové au creux de mes reins en feu, en eau, en couille !
Voilà à présent une pub pour le jeu solitaire. Ah le cynisme plaisant de dieu ! Si je gratte, je gagne rien, si gratte pas je gagne rien, si… Solitaire & seul… Ces cheveux perdus dans les vagues des draps du lit, je les vois, je les sens… Je me saisi d’une poignée, les hume, me shoote à tes parfums, déesse terrible ! Ton absence fouille mon cœur, le mastique, le néantise. Ah mort tu serais si douce, en tes bras je serai l’enfant qui jamais n’a eu de tendresse et qui enfin ferme ses yeux, calme, apaisé & inutile…
Mais Toi, Cœur de mes Pensées, as-tu ressenti ces mêmes douleurs de l’âme et cet acide froid coulant dans les tripes ? As-tu aussi maudit dieu, les hommes, Willy & ses cohortes d’inutilités ? Ce fantôme détruisant le beau par absence de conscience amoureuse.
Vide…
Vide est le mot central de moi, moyeu de la roue de mon inexistence actuelle… Je ne sais trop où je vais, traînant mes casseroles intellectuelles, initiatiques & inutiles, faisant beaucoup de bruits afin de masquer l’absence de substance & d’essence & de joie… Je ne suis plus, mais ai-je été ? La question est sans importance directe avec la réalité illusoire qui se confronte à mon univers intime.
Pourquoi écrire cela ? C’est stupide, intrinsèquement stupide et pourtant cela donne une illusion de remplissage… Ces lettres, ces mots qui s’écoulent de mes plaies béantes, finiront-ils par me laisser exsangue, enfin mort, enfin rien ?
J’écris encore. Conclusion, je n’ai point crevé ! Merde, encore raté…
Rassures-toi toutefois, il n’est pas question, ô Reine Bienfaisante de ma Vie, de mettre fin à mes jours ou même d’y penser. Non, la Bête est là, sa force me tient, me soutient et me retient. Les queues immondes, les coups, le sang, les larmes, la négation de moi, la souffrance, le manque, le trop, le manque d’envie, le trop d’envie, non rien n’a fait crever la vieille carcasse. Et pourtant, ces tentatives autant subtiles que puériles d’en finir en subissant les drogues, la violence, la haine, les armes, les curses endiablées des mages de foire, des sorciers et sorcières perdus à eux-mêmes, la perte de tout ce qui faisait moi et mon monde, non cela non plus n’y est pas parvenu, presque mais pas encore. La Perte de Toi, cet éloignement de quatre mois m’a presque tué dans l’obscurité sanglante de ma dépression. Le Silence, ah cette bête indomptable ! Et encore, ce portier me braquant son arme sur la tempe, et qui ne tire pas même sous mes insultes, même si j’appuie ma tête sur le tube froid, tunnel terminal de ma course… Il y aura-t-il une lumière blanche, blanche comme lavée par le charbon de ma haine, accompagnant le métallique projectile ? Ah tient, le froid n’est plus. Plus de portier non plus. Merde, il faut chercher autre chose alors… Non, il faut arrêter ! J’aime, j’aime, j’aime… Je T’aime ô Lilith pleine d’humeurs délicieuses.
Il est à présent 22.45 à l’horloge inutile du temps qui dure, secondes d’éternité après seconde d’éternité… Ah, il est toujours minuit à l’horloge de mon Désir. Où es-tu, penses-tu à moi, moi pauvre pantin de Ton Amour ? Il reste à présent trois semaines.
Bip ! Il est 22.48. Un message de Toi. Un électronique Signe de Ta divine Absence. Une descente de Toi en moi. La Bonne Nouvelle en quelques caractères qui n’existent que pour de courts instants. La Belle Invention que cette machinerie qui permet aux amants de se retrouver même dans les exils les plus lointains et les plus douloureux.
Ame, j’écris ces mots comme un somnambule fou… Je suis sur la lame de rasoir de notre Amour, un pas et c’est la chute. Ah, Mots, acides de mon être, sources vitales de mon être, que ne puis-je faire de vous des Messagers de mes étreintes subtiles. Que ne puis-je faire de vous les complices de Cupidon ! Que ne puis-je me transformer en Mot et ensemencer Ton âme, y prendre racine et devenir une part de Toi ? Souffrance de la séparation, souffrance de l’esprit qui se joue du corps, souffrance du corps qui ressent le vide de Toi !
Oui, mon Ame, nous glisserons dans la douceur de l’océan de nos étreintes. Nous pourrons nous aimer pour quelques heures, nous pourrons rêver une vie moins ouroborique…
Voilà, le Désir devient besoin mortel de Toi. J’arrête quelques instant de composer cette symphonie muette de binaires caractères… Une Bittersweet symphony produite par mon pauvre Cœur qui meurt du trop plein d’Amour. Cette musique que j’écoute à présent en boucle, cette musique terrestre s’accouple avec Notre Musique. C’est bon…
Il est 23.00 à l’horloge vulgaire du monde-prison, du monde de l’Exil. Il est Minuit à l’horloge de ma Solitude. J’ai réalisé le Rite de Toi, mes doigts enduits de la Sainte Huile tapent sur ces touches ineptes du clavier. Chaque frappe est une Insémination Spirituelle de la Matière. Les touches ainsi vivifiées s’emparent du Souffle Primordial et transmettent cette Energie au luminescent texte, Ode de Toi. Ah, oui, oui, et lorsque Tu liras ces lignes, Tu verras combien elles rayonnent de l’Essence de Moi, cette Essence Sanctifiée en Ton Nom pour Toi… Ad Aeternam !
Etre et Non-Etre, ah la belle affaire ! Etre et ne pas être, tout en Un ! Avec Toi je suis Un, sans Toi je suis Un. Nous sommes Un. A la fois ici et absent, à la fois fusionnés et exilés. Mon dieu, dieu qui n’existe pas et qui pourtant m’a exécré, faut-il aimer pour tant souffrir… Mais que cette Souffrance est Sainte, qu’elle est Bonne et Enivrante ! Qu’Elle soit l’hostie consacrée de ma Nouvelle Alliance ! Et le Ciel peut bien en crever et l’enfer s’en devenir angélique, rien, jamais ne pourra briser cette Alliance de nos Cœurs ! Que soient excommuniés tous les incroyants en notre amour et en sa possibilité divine. Que la croisade contre les penseurs puritains, putains à leur cœur, soit déclarée et que l’orgie de leur fin soit la Montagne Sainte du dévoilement de nos Lois ! Que les poils pubiens blanchis par la Puissance de Ton Buisson Ardent soient la preuve ! Par ce signe nous vaincrons ! Que ma queue-bâton-serpent avale les vermisseaux faméliques des prestidigitateurs du Pharaon ! Et que les Dix Plaies Saintes s’abattent sur eux : Amour, Délice, Extase, Jouissance, Plaisir, Orgasme, Souffrance, Rire, Joie & « ? » sont leur Nom.
Il est minuit à l’horloge putride des hommes & il est midi à l’horloge de l’Amour, de notre Amour.
Je T’aime mon Ame, Souffle de ma vie. Que mon esprit soit par Toi sanctifié, que mon sexe s’anime sous l’action de Ton Esprit, que ma semence soit Robe de Lumière pour Toi, que le flot de ces possibles soit Ton offrande, que Ton Règne vienne en mon cœur, que Ta Volonté soit faite ici, maintenant & à jamais ! Aum HA
A Toi pour l’Eternité des hommes et des dieux…

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Spartakus Freemann

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