Web 2.0 : le retour des Sidth

D’habitude, j’ennuie mes lecteurs avec des envolées ésotériques ou des permutations psychotiques mineures, aujourd’hui, j’aimerais parler de mon dada, mon jardin et mon enfer parfois, je veux parler de l’internet.

Il y a peu, je vous parlais de la « révolution » que pourrait entraîner le changement opératoire et comportemental induit par le mouvement technologique « Web 2.0 ». J’étais alors séduit, il faut bien le dire, par les nombreuses possibilités d’interactions que les frameworks Ajax et autres peuvent nous offrir. Je pensais alors, et le pense toujours, « ça y est on va enfin, nous les utilisateurs, reprendre le contrôle du net ». Il semble que ma joie n’avait d’égale que mon aveuglement quasi oedipien !

En effet, si des sites comme wikipedia peuvent permettre à l’utilisateur de prendre part à la confection et à la diffusion de la connaissance, de manière libre, communautaire et gratuite; si des outils comme le moteur de recherche communautaire Swicki donne enfin la possibilité de communautariser la recherche, au lieu de se fier aux bons vieux moteurs comme Yahoo ou Google; si, enfin, des sites comme Technorati permettent de partager les résultats de nos surfs et d’aiguiller nos amis vers les sources d’informations particulières; si des sites et outils comme Tribe.net permettent de constituer des tribus d’intérêts convergents, il existe néanmoins une masse d’autres sites qui émergent peu à peu et dont on peut remettre en doute la « charité »même si l’on ne peut nier l’apport et l’utilité de leurs services.

La lecture ce soir de deux articles : le premier sur Standblog de Tristan Nitot intitulé « Le coté sombre du Web 2.0« , le second sur La-Grange.net intitulé « Esclavage 2.0 : Eux, nous et moi« , me poussent à me poser des questions, questions d’ailleurs qui devraient m’avoir effleurés l’esprit bien plus tôt – mais je suis bête, que voulez-vous. Tout d’abord, on peut se demander ce que font ces « généreuses » start-up nouvelles et rénovées des informations que nous leur offrons ainsi si innocemment, et, ensuite, se demander comment ces sociétés peuvent survivre, car leurs services ont un coût certain (gestion des serveurs, base de données, …).

La réponse à ces deux questions, bien qu’elle ne puisse s’accorder à tous les cas de figures (Wikipédia par ex.), est simplement que les start-up du XXIe siècle ont découvert le moyen de faire du fric sans avoir à vraiment bosser pour cela. Il suffit qu’une masse de pigeons viennent leur soumettre leurs données personnelles, us et coutumes sur le net, bases de données (tags, blogmarks, bookmarks, …) et il ne leur suffit plus ensuite qu’à faire fructifier le système : espace Adsense, revente des bases de données, marketing ciblés, enquêtes de comportements de consommation en temps réel, …

Je m’arrêterais ici car je ne veux pas, et ne peux faute de connaissance approfondie du sujet, construire ici une étude sur le sujet du détournement, à nouveau, des pauvres internautes… Il semble que le Retour des Sidth soit une réalité incontournable dans l’univers binaire de nos rêves idéalisés ! Mais, gardons l’espoir que nous sommes tous, en tant qu’acteurs du net, des Skywalker en puissance, et que donc, nous pouvons faire changer les choses, ou du moins nous rapproprier le net grâce à l’utilisation des outils développés pour nous abrutir et nous spolier. Les Wiki sont un exemple parlant de ce que la collaboration peut donner comme résultats. Dès aujourd’hui, outre les encyclopédies en ligne, des livres sont écrits via ce média, des communautés échangent librement et gratuitement leurs savoirs. Le développement des blogs rend le pouvoir de l’expression et de la contestation en temps réel (via le mobloging entre autre). Les fils RSS, Atom et Optml permettent le développement d’une circulation étendue de l’information et transforment les webmestres en acteurs-éditeurs de notre temps, en diffuseurs de l’information, détrônant par là les médias constitutionnels et établis. En fait, l’Open Source et le libre par les outils qu’ils développent changent le net, son utilisation, sa finalité, et non les start-up-moloch attirants les internautes par des promesses de services utiles, certes, mais facilement développables via des solutions libres : le LifeType ou Dotclear pour les blogs, OWL pour le partage des fichiers, SPIP pour la publication d’informations et le développement journalistique libre, communautaire et participatif, … Les « innovations » que l’on voit poindre au travers du Web 2.0 peuvent être utilisées par tous : les RSS peuvent être agrégées via Firefox ou thunderbird ou même via des outils développés sous SPIP; les Portails existent depuis longtemps et permettent de construire des communautés inter-connectables via les feeds RSS, les newsletters, …; les TAGS et la personnalisation des informations sont possibles sous Joomla et SPIP également. Ces exemples devraient nous permettre d’entrevoir que nous n’avons pas besoins du marchand pour prendre possession des moyens de communication du Web 1.0, Web 2.0 ou Web 3000 !!!

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Spartakus Freemann

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