Ex-Incommunicado

Voilà déjà quelques temps je me suis posé la question de savoir quelle fut l’utilité de mon entrée dans le cheminement de l’éveil sous la forme de la Philosophie hermétique (Kabbale, magie, magick, spiritualité, …). Certains ont pu penser que j’agissais ainsi car j’avais quelque regret dans cet engagement. Bien vite, les réponses à ce textes furent des mises au point sur les « erreurs » de ma démarche (mauvais chemin, mauvaises fréquentations, mauvaises voies magiques, …), voire sur l’inanité de toute forme de questionnement portant sur le « pourquoi » d’une recherche spirituelle. Il me semblait alors impossible que l’on comprenne aussi mal le message que j’essayais de faire passer. Mais je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même car ma question, intime et personnelle, était tout d’abord très mal formulée et ensuite, il apparaissait qu’il est impossible de communiquer au niveau « initiatique » au travers des mots. Grande leçon qui vérifie l’existence intrinsèque du secret initiatique, secret qui est tel car le vécu est incommunicable par la parole. Je ne crois pas aux grands secrets merveilleux au sein de l’initiatique, sauf en celui de la Vie elle-même.

Bon, las de cette digression. Donc, il apparaît que je me questionne, je me triture les méninges, je fouille mon âme, mon esprit et ma chair afin de retirer la substantifique raison d’une existence passée à chasser mes démons, à rechercher le mieux ici et maintenant, à tenter de briser les voiles de la réalité, bref à agir en bon ésotérologue. Cela est-il mal ? Cela a-t-il une quelconque utilité personnelle ou cosmique ? A mon sens, la réponse est oui ! Et pourtant, si je regarde les bienfaits que cette démarche m’a apporté, je vois également les effets collatéraux, les victimes statistiquement improbable de ma « guerre des dieux ». Et ce tableau, personnel, n’engageant personne d’autre que moi et ma conscience, puis-je le voiler, le détruire sous le simple prétexte que cela serait initiatiquement incorrect ? Non, mille fois non !

Dans une vie d’homme, on fait des erreurs, dans une vie sociale, frayant avec nos semblables nous faisons du mal, parfois du bien. Il n’est pas différent d’observer la même chose dans le spirituel. Ainsi, suis-je bon ou mauvais est une question toute aussi valide dans mes rapports sociaux que dans l’arpentage initiatique. De grâce, ne me demandez pas de définir le « bien » et le « mal », ce n’est ni le lieu ni la raison de ces quelques lignes. Qu’il suffise de dire que selon moi « bien » est ce qui est agréable objectivement à moi-même et aux autres dans des rapports humains libres et emplis de compassion. « Mal » c’est tout ce qui est négatif pour moi-même et pour les autres dans le domaine de rapports tout aussi normaux mais axés alors sur le déplaisant, l’égoïste et le douloureux.

Dans ma vie d’homme social normal, j’ai commis bien des erreurs qui eurent le malheur de causer du « mal » aux autres et à moi-même. Il en va de même dans ma vie d’homo initiatique. Parfois enfin mes actes d’homme social et d’homo initiatique eurent les mêmes conséquences « maléfiques ». Dans le domaine du « bien », j’espère avoir aidé, avoir transmis l’espoir, l’amour, l’envie d’aimer, la compassion tant dans ma vie sociale que dans l’initiatique.

Nul n’est parfait bien sûr, et moi moins que tout autre. J’ai fait du mal à mon ex-femme, à mes enfants & à mes amis à cause d’un égoïsme forcené, inutile, minable et réducteur. J’ai donné la prédominance dans ma vie à ma recherche spirituelle en délaissant ceux qui m’étaient chers. J’ai crû que mon développement personnel, ma destinée seraient extraordinaire dans une volonté d’un « mieux spirituel ». Résultats des courses j’y ai perdu femme, enfants, amis, relations sociales « normales », repères humains et moraux et surtout l’estime du divin. J’y ai gagné par ailleurs, cela est indéniable.

Il y a eu de nombreux outils, il y a eu de nombreuses voies dans cette recherche spirituelle : la Franc-Maçonnerie, les oeuvres de Crowley, le Reïki, la Kabbale, la Gnose en sont les principales. Parfois concurrentes, souvent alliées, elles me firent bouger, me firent me questionner, m’obligèrent à changer sans cesse de certitudes et d’habitudes. Ces Voies furent souvent jugées, décriées, avilies, critiquées, adulées ou ignorées par mes amis, par mon ex-femme, par la société dans laquelle je vis, mais toujours elles furent des piliers dans mon parcours. Accusé par les franc-maçons d’être sataniste, j’étais accusé par ceux-ci d’être un templier blanc (?), accusé de rechercher les fumisteries de la Kabbale par certains « Frères », les « véritables » kabbalistes me considèrent comme un astrolâtre et un infidèle incroyant. Les thélémites m’accusent de n’être qu’un adorateur des anciens dieux des eons passés alors que les martinistes christiques m’accusent de n’être qu’un pornocrate séditieux. D’ailleurs, certains maçons pensent qu’étudier Saint Martin c’est faire preuve d’un obscurantisme dépassé, alors que ces mêmes maçons se décorent comme des arbres de Noël putrides et ineptes. Il y a aussi les « initiés » de l’alternatif, les voyous de la gnose qui pensent que je ne suis qu’un petit réac’ perdu dans les méandres des stupidités de l’ésotérisme ancien et accepté. Et lorsque j’ose prétendre devant des gnostiques « papables » mon amour pour les théories et pratiques de la Chaos, ils me jugent alors fou et juste bon à jetter dans un cul-de-basse-fosse initiatiquement clos. La critique et le jugement leurs sont faciles à tous ces « cherchants », ces « initiés » bariolés et fiers, à ces huîtres perlières du spirituel, à tous ces humains perdu dans les replis d’une tunique initiatique trop mal ajustée à leur ego. Et moi de rire et de jouir sous les étoiles en les laissant pérorer en vain ! « Leave me alone », « Fais ce que tu veux sera la tout de la Loi » et laissez-moi pisser où, quand et comme je veux !

Aujourd’hui, je regarde tout ce chemin derrière moi, aujourd’hui je contemple la Clé de Voûte et le Nartex du Temple de ma vie. Les idoles n’y sont point, toutes furent abattues sans pitié dans une guerre contre un auto-obscurantisme létal. Les murs sont nus, d’une nudité presque outrageuse, la divinité n’a nul besoin des ors et dorures pour aimer sa créature. Les vitraux sont translucides et blancs, et la Lumière y est ainsi chaude et emplie de compassion, sans tous ces artifices visuels qui éloigne de la concentration intime. Enfin, il y a moi posé royalement nu devant l’Autel, plongé dans la méditation de ce que vaut la vie d’homme, de l’utilité de tout ces mouvements anachroniques, violents, inutiles, humains, attardés et royaux. Il y a moi et Moi et au-delà, en haut, là où le toit n’existe pas, il y a Lui dans Sa Voûte Etoilée. Il y a aussi le Silence.

Présence, Lumière, Silence… Que demander d’autre ?

Une aspirine peut-être ?

Spartakus

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Spartakus Freemann

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