Changer…

Certains à nouveau vont exulter à la lecture de ce texte. D’avance je les ignore, merci à eux d’en prendre bonne note.

Il arrive dans la vie que l’on se retrouve dans un cul-de-sac, dans les prémisses de l’enfer. On a le choix, ou bien on s’y complaît ou bien l’on réfléchit, on permute, on cogite et on comprends qu’il vaut mieux faire marche arrière.

Pour moi ce cul-de-sac c’est ma façon d’être, de me voir et de me mouvoir dans le monde. Pensant être libre, je me suis enfermé dans mes propres phantasmes, pensant vivre ce que je suis intimement, je me suis perdu, pensant avoir les réponses, je me suis perdus dans des vérités toutes faites pour me plaire. Bien sûr, il est rassurant de penser être différent, de se croire libre et de la jouer « moi je ne suis pas comme le commun des mortels », « moi je vis et je respire » et donc de le montrer. Mais avec quels résultats ? Quand je suis dans la rue, on me prend pour un clodo, quand je fais un pas de travers j’ai les flics derrière moi dans l’instant, quand je dois vivre, je me détruis…

J’aime pourtant mon image, car elle est reflet de QUI je suis, mais il faut avouer également qu’en faire l’expérience tous les jours cela fini par jouer des mauvais tours, par mettre la vie elle même en danger et par causer plus de problèmes que cela n’en résout. Le piercing c’est fun, se balader au boulot avec ça donne un air de « je suis différent et je vous emmerde », mais en définitive, n’est-ce pas uniquement un élément du monde de l’illusion et du non-être ? Aller travailler avec des frocs troués et usés c’est ma façon de dire au monde, « merde je suis qui je suis », mais à quoi cela sert-il sinon à me déconsidérer aux yeux de mes enfants, aux yeux de mes amis ? A force de jouer à la cloche je deviens une cloche humaine qui résonne des inepties de sa psyché folle. Et il suffit.

Comme aurait dit mon père, paix à son âme, « prendre des coups ça remet les idées en place », et il apparaît donc que cela soit vrai en définitive, car les événements de ce vendredi viennent de me donner la chance de revenir vers moi, de me rendre en ce lieu secret de mon âme et d’écouter enfin mon coeur, ce coeur que je délaissais dans le silence depuis si longtemps.

Aujourd’hui donc, le Willy trash fashion, clodo de la banque, piercé du bulbe et ridicule devant l’éternel son coeur, s’en est bien fini ! Je reviens vers l’essentiel, ma vie, ma compagne, mes enfants, et la sociabilité.

Du travail il en reste encore, bien sûr… Il faut que je tienne, non pour moi, mais pour ceux qui vivent autour de moi. C’est facile de disparaître dans le néant de soi, de se draper dans la superbe de la négation de ce que l’on est, c’est-à-dire un subtil mélange de l’unité intime de son être et de la nécessité d’être du monde, d’interagir avec les autres. Or, à ce stade, dans ce cul-de-sac actuel, je ne peux que me détruire, m’exiler et m’isoler, m’éloigner encore plus de moi-même.

Lekh Lekha dis la Torah, Vas vers Toi !

Allons-y…

Willy

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Spartakus Freemann

6 commentaires

  1. 🙂
    Juste une chose à te dire, enfin plutôt, à te chanter.

    Si j’étais moi,
    Ni la montagne à gravir
    Au bord du vide, la neige à venir
    Ne me feraient peur

    Si j’étais moi
    Ni les pages à écrire
    Ni de trouver les mots pour le dire
    Ne me feraient peur

    Mais je me lâche la main
    Je m’éloigne de moi
    Je me retrouve au matin
    Sur la mauvaise voie
    Quand on se perd en chemin
    Comment venir à bout
    De ces efforts inhumains
    Qui nous mènent à nous

    Si j’étais moi
    Ni les démons que je cache
    Les idées noires, les flammes que je crache
    Ne me feraient peur

    Mais je me lâche la main
    Je m’éloigne de moi
    Je me retrouve au matin
    Sur la mauvaise voie
    Quand on se perd en chemin
    Comment venir à bout
    De ces efforts inhumains
    Qui nous mènent à nous

    Si j’étais moi
    Tout ce que j’ai sur le cour
    Ce que je fais de pire et de meilleur
    Ne me feraient peur

    Si j’était moi
    Ce que je fais de pire et de meilleur
    Ferait mon bonheur

    (Zazie, "Si j’étais moi")

  2. Quoi, parait que c’est la mode chez les chanteuses d’être éso. R’garde madonna ! :p

    rho puis fait pas chier hein.
    Pour une fois que je trouve un truc gentil à dire à Spart hein…. 🙂

  3. Ouais, le Spart nouveau est sorti, costard, cravate, pompe de noeud, coupe djeuns…
    Attention les yeux 🙂

  4. euh lcostard t’es quand même pas non plus obligé.
    (et non zazie euh non hein NOOOOOOOOOOON ! )
    hinhinhin
    bises à tous.

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