Consolateur…

Consolateur inconsolé, j’erre dans les tréfonds de la peine insondable de l’être. Qui sera là pour me réchauffer quand je serai près à trépasser ? Qui se souciera de mes douleurs et portera avec moi le fardeau pour les derniers instants ? Inconsolé, je ne suis pas consolateur et resterai inconsolé. Amant je n’aime pas et ne serai point aimé. Seul je vis parmi les ombres de mon passé et les terreurs de ce qui se tient devant moi. Consolateur des insensés, je suis inconsolé de ma peine et de l’indicible souffrance qui tenaille mon âme. Je ne suis plus le jouet des passions, je ne suis plus instrument, je ne suis plus que feuille au vent entraînée vers une aube en technicolore improbable et fuyante. Le corps est subtilement tétanisé dans un plaisir auto-érogène, auto-érotomaniaque. Nul parfum embaumé sur Ses lèvres sépulcrales ne peut éveiller en moi autre chose qu’Amour, moi qui n’aime plus d’avoir été fondu et dissout dans le creuset de Son corps.

Le matin dans le miroir, je ne vois plus satan, je me vois totalement et pleinement tel que je suis, Je vois je, rien de plus. Les illusions s’en sont allées et il ne reste plus qu’un immense rire de ma gorge prenant naissance pour aller, sur la voûte céleste, fracasser quelque ange putréfié.

Je lâche l’affaire ou pas ? Telle est le question face à l’incommunicado qui s’intensifie tandis que le désir semble se flétrir lentement dans une désaffection trop cruellement visible… Être à demi est bien pire que ne pas être.

C’est d’être la mienne, dis-tu ?

Hélas ! tu sais bien que j’oppose

Un démenti formel aux poses

Qui sentent par trop l’impromptu.

Locutions des Pierrots, II – Jules LAFORGUE (1860-1887) – (Recueil : L’Imitation de N.D la Lune)

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Spartakus Freemann

Un commentaire

  1.        Mes jambes bleues
                et mon visage si pâle
           Ma cigarette coincée
                fumée –
           Et mon spleen que je promène en laisse
           Mes mains faites pour aimer –
           Mon coude usé par les comptoirs
           Mes lèvres sèches d’amour

           Ma bouche s’ouvre toute seule
                Et crache crache
           crache

     

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